Structures en béton

Fiches pathologie

Corrosion des armatures du béton armé en façades des bâtiments

Désordres affectant les balcons

Désordres de dallages à usage industriel - Première partie : tassements, fissurations ...

Désordres de dallages à usage industriel - Seconde partie : soulèvements

 

Fiches détails

Absence de joints de dilatation

Défaut d'enrobage des aciers

Défaut de réalisation de voiles en béton

Dégradation des reprises d'épaufrures en structures extérieures en béton

Effondrement de mur de soutènement

Fissuration de mur blocs agglomérés

Fissuration sous dalle de béton

Fissure sur console courte en béton armé

Fléchissement excessif d'une poutre porteuse de plancher bois

Fuite dans une piscine

Humidité dans pièces intérieures liée à l'absence de drainage périphérique

Infiltrations à travers un mur en blocs de coffrage en polystyrène expansé

Réalisation d'une terrasse au-dessus de l'arase étanche de la maison

 

Corrosion des armatures du béton armé en façades des bâtiments

Constat

Les désordres affectant les structures en béton armé commencent à la surface du béton par de fines fissures et de légères traces de teinte ocre. Puis l'élargissement des fissures permet à la rouille (hydroxyde de fer) de suinter. Des aciers presque totalement corrodés apparaissent après soulèvement et détachement des éclats de béton.

Diagnostic

Porosité excessive du béton

Les phases de dégradation du béton armé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Elle peut être due à la composition du béton (mauvais rapport entre le sable et les gravillons par exemple, excès d'eau, …) ou à des insuffisances de vibration du béton au sein du coffrage.

Les conditions climatiques lors de la mise en œuvre du béton ont également une incidence certaine sur la porosité. Ainsi, par un temps sec et chaud, une dessiccation rapide du béton jeune, dont la surface n'a pas été protégée par un produit de cure approprié, peut être à l'origine d'une porosité excessive du matériau.

Mauvaise disposition des armatures

L'enrobage (distance entre l'acier et le mur extérieur du béton) des armatures n'est pas respecté, par suite d'une erreur de lecture de plan de ferraillage ou par suite d'une insuffisance de cales assurant le maintien des barres à l'intérieur des coffrages.

La souplesse des cages d'armatures est alors défavorable sous la pression du béton et celles-ci peuvent se coller contre le coffrage.

Fissures structurelles

Ces fissures évoquées en fiche B1 (Fissures structurelles des maçonneries de maisons individuelles), sont des chemins préférentiels pour l'attaque des aciers par l'oxygène et l'entretien du processus électrochimique engendrant la formation des sels de fer (sels gonflants) en couches superposées sur le métal.

Les bonnes pratiques

  • Assurer une bonne compacité du béton : la compacité du béton sera influencée par le rapport eau/ciment, les additions minérales (cendres volantes, fumées de silice, laitiers, fillers, …) et l'ajout d'adjuvants (plastifiant, réducteur d'eau, accélérateurs de prise, …) pour réduire la porosité du béton durci.
    Respecter les valeurs d'enrobage définies par les documents en vigueur (Eurocode 2).
  • Prendre en compte l'exposition de la structure : l'attaque de l'acier par l'oxygène est accélérée par la présence d'humidité. Les façades exposées à la pluie sont les plus vulnérables.
  • Veiller à la mise en place de cales rigides des armatures dans les coffrages.
  • Assurer une vibration suffisante au sein des coffrages en fonction de la rhéologie du béton.
  • Protéger les surfaces avec un produit de cure approprié pour éviter la dessiccation par temps sec et chaud.

L'essentiel

  • Veiller à la compacité du béton.
  • Respecter les valeurs d'enrobage.
  • Vérifier le positionnement des armatures et leur bon maintien.

A consulter

  • NF EN 1992-1 : Calcul des structures en béton.
  • Règles BAEL 91 : Règles techniques de conception et de calcul des ouvrages et constructions en béton armé.
  • DTU 21 : Exécution des ouvrages en béton.
  • DTU 23-1 : Murs en béton banché.
  • Fascicule P18-011 Béton - Définitions et classification des environnements chimiquement agressifs.
  • NF EN 206-1 : Béton prêt à l'emploi.

 

Désordres affectant les balcons

Constat

La pathologie des balcons regroupe deux familles de désordres :

  • Les désordres structurels ont des conséquences importantes pouvant aller jusqu'à la rupture ;
  • La seconde famille regroupe de nombreux désordres aux conséquences moins graves :
    • les fissurations secondaires,
    • les éclatements des nez de balcons,
    • la présence d'efflorescence et de stalactites en sous-face,
    • les infiltrations au travers de la dalle au droit de la façade ou au travers des seuils de portes-fenêtres.

Diagnostic

Les risques d'effondrement

  • Dans la vie de l'ouvrage
    La cause la plus fréquente des effondrements provient de défauts de ferraillage. Il s'agit rarement d'une erreur de conception des plans de béton armé mais plutôt de lecture de ces plans.
    On notera notamment les fissures en partie supérieure de la dalle et parallèles à l'appui : ces fissures concernent les dalles en console et sont l'indice, soit d'une insuffisance de section d'acier, soit d'un mauvais positionnement en hauteur des aciers. Elles favorisent la corrosion des aciers, aggravant ainsi le risque d'effondrement.
  • En cours de chantier
    Quelques effondrements en cours de chantier ont eu pour cause une incompatibilité entre l'étaiement (qui fait travailler le balcon en plancher), néces­­sitant des armatures en partie basse, et la phase finale (dans laquelle le balcon travaille en console) où les armatures doivent être en partie haute. Une fissuration, en sous-face, parallèle à la façade, en est généralement le signe précurseur.

Les autres pathologies

  • La fissuration
    • Les fissures en partie supérieure de la dalle et perpendiculaires à l'appui (la façade), observées sur les balcons continus, dépourvus de joints de fractionnement ;
    • Les fissures horizontales entre les garde-corps en béton et le balcon sont provoquées par le retrait du béton et la dilatation différentielle entre éléments diversement exposés à l'ensoleillement ;
    • Les fissures verticales des garde-corps assez régulièrement réparties ont pour cause une insuffisance d'armatures horizontales et/ou un espacement trop important des joints de fractionnement.  
      Les fissures verticales entre retours des garde-corps et façades peuvent être évitées en réalisant un espace (inférieur à 11 cm) entre ces deux éléments. Elles témoignent de phénomènes de dilatation/retrait différents entre ces éléments ;
    • Les fissures horizontales à la jonction entre dalles et garde-corps ont pour cause une insuffisance d'armatures de couture dans le plan de reprise de coulage du béton.
  • L'éclatement des nez de balcons provient d'une armature souvent de trop fort diamètre, mal enrobée par le béton.
  • Les efflorescences et stalactites en sous-face de balcon sont provoquées par la percolation d'eau de pluie à travers la dalle du balcon.
  • Les infiltrations par seuils de portes-fenêtres : ces défauts se produisent lorsqu'il n'y a pas de décro­­­che­ment altimétrique entre le balcon et le plancher intérieur (cf. fiche pathologie D.3)

Les bonnes pratiques

  • Dimensionner les armatures conformément aux règles BAEL en fonction des charges prévues par la norme NF P06-001 ou les documents particuliers du marché (jardinière…). Chaque fois que possible, des joints de fractionnement devront être prévus. À défaut, des renforts d'armatures doivent être calculés et mis en œuvre.
    Le positionnement des armatures côté tendu du béton et des joints de fractionnement est un élément primordial à vérifier afin d'éviter les pathologies les plus fréquentes.
  • En cas d'utilisation de rupteurs thermiques, vérifier la conformité de leur domaine d'application (portée, sismique…) et de leur pose au regard de la préconisation dans l'Avis Technique concerné.
  • Apporter un soin particulier à la réalisation des pentes des balcons pour permettre l'évacuation rapide des eaux, afin d'éviter leur percolation à travers le béton. En cas de balcons avec pente vers les façades, bien veiller à l'étanchéité (SÉL, DTU 43.1). Lorsque le sol du balcon est recouvert par un revêtement en carrelage scellé, prévoir une couche de désolidarisation drainante sous le mortier de pose.
  • Étancher la surface pour limiter les infiltrations.
  • Étudier particulièrement la géométrie des seuils, pour éviter les pénétrations d'eau. Dans le cas d'obligations en relation avec les conditions d'accessibilité se rapprocher du document de la DHUP « Carnet de détail balcons - terrasses - loggias ».
  • Concevoir l'accès pour les personnes à mobilité réduite (hauteur maximum du seuil extérieur de 2 cm, traitement du rejet d'eau par cail­lebotis et dalles sur plot ou caniveau).
  • Apporter une attention particulière, en l'absence de décrochement de dalle entre logement et balcon, aux reprises de bétonnage situées au niveau des seuils et voiles de façade.
  • Respecter les enrobages et sections maximales d'acier en nez de dalle afin d'éviter les éclatements.
  • Respecter les précautions propres aux zones sismiques.
  • Veiller à limiter les effets des ponts thermiques.

L'essentiel

  • Veiller aux bons dimensionnement et positionnement des armatures.
  • Prévoir les joints de fractionnement quand c'est nécessaire.
  • Apporter une attention particulière à la pente, au traitement des seuils  et des nez de balcons.

A consulter

  • Eurocode 2 : Calcul des structures en béton.
  • Règles BAEL 91 : Règles techniques de conception et de calcul des ouvrages et constructions en béton armé suivant la méthode des états limites.
  • NF P06-001 : Base de calcul des constructions - Charges d'exploitation des bâtiments.
  • DTU 21 : Ouvrages en béton.
  • DTU 43.1 : Étanchéité des toitures terrasses et toitures inclinées avec éléments porteurs en maçonnerie en climat de plaine.
  • Règles professionnelles : Systèmes d'Étanchéité Liquide (SÉL) concernant les travaux d'étanchéité par application de système d'étanchéité liquide sur planchers extérieurs en maçonnerie dominant des parties non closes de bâtiment.

 

Désordres de dallages à usage industriel - Première partie : tassements, fissurations ...

Constat

Les dallages industriels en béton peuvent subir des affaissements localisés ou généralisés par rapport à leur niveau d'origine. Par ailleurs, les dallages peuvent se fissurer et les joints se dégrader.

Diagnostic

Le simple constat visuel d'un désordre apparent (allure des fissures) ne permet pas d'en déduire automatiquement l'origine. Des investigations complémentaires, d'ordre géotechnique par exemple, sont le plus souvent nécessaires. Car un même phénomène peut résulter de la conjonction de plusieurs causes, et des causes différentes provoquer des fissurations identiques.

Différents types de joints d'un dallage industriel

 

  • Une fissure d'un panneau de forme rectangulaire, parallèle au petit côté et allant d'un grand côté à l'autre, traduit une mauvaise efficacité des joints (trop grandes distances entre joints de retrait, à un retrait trop important…).
  • Une fissure, proche d'un angle, à 45° ou en étoile, témoigne d'efforts mécaniques excessifs non maîtrisés (contraintes de poussée au bord ou en angle, un retrait bloqué…).
  • Des fissures et des dégradations en bordure d'un panneau, le long d'un joint entre panneaux, peuvent correspondre :
    • à la conception d'un joint n'offrant pas une résistance suffisante aux sollicitations auxquelles il est soumis lors de la circulation d'engins ;
    • à des sollicitations plus importantes que prévues ;
    • à un relèvement excessif du bord du panneau lors de son séchage : lorsque la surface du panneau sèche beaucoup plus vite que sa sous-face, il se produit un phénomène de rétractation de la surface par rapport à la sous-face et un relèvement des bords et des angles ;
    • à un fluage de la forme au droit des joints sous l'action de passages fréquents d'engins roulants sur ce joint (phénomène dit de « pompage »), laquelle ne soutient plus normalement le bord du panneau.
  • Un affaissement ponctuel le long d'une longrine peut être dû à un mauvais compactage d'un remblai, difficile à réaliser à cet endroit, ou à une venue d'eau anormale le désorganisant.

Les bonnes pratiques

  • Le dallage en béton à usage industriel est à la fois :
    • un ouvrage à déformation imposée, qui ne peut donc que suivre les mouvements de sols sous-jacents ;
    • un ouvrage en béton de grandes dimensions, donc le siège de phénomènes de mise en œuvre, de retrait et de dilatation particuliers à ces ouvrages ;
    • un ouvrage composite constitué par un corps de dallage en béton et une forme, d'où la nécessité d'étudier également cette forme (cf. fiche B 6) ;
    • un ouvrage soumis à des sollicitations particulières qui ne sont pas forcément définies dans les documents de référence et varient considérablement d'un ouvrage à l'autre.
  • Les dallages industriels doivent faire l'objet d'une attention particulière parce qu'ils ont généralement une surface importante et correspondent à une activité industrielle ou commerciale générant des chiffres d'affaires importants, et donc, des préjudices élevés en cas de sinistres.
  • Ne pas considérer que le fait d'avoir déjà réalisé un dallage de ce type permet de se dispenser d'une étude technique et d'une étude géotechnique approfondies.
  • Avant tout chiffrage d'un ouvrage de dallage, être en possession :
    • du document contractuel prévu à l'annexe B du NF DTU 13-3 partie I, précisant les actions auxquelles sera soumis le dallage, ainsi que les caractéristiques des fissures et déformations acceptables par le maître d'ouvrage ;
    • d'une étude géotechnique spécifique à la mise en œuvre de ce dallage. L'annexe A du NF DTU 13-3 partie I précise le contenu de cette étude.
  • Un essai à la plaque est ici insuffisant, parce qu'il ne permet d'évaluer le tassement du sol que sur quelques dizaines de centimètres de profondeur, alors que la limite d'influence du dallage peut englober des couches de terrain jusqu'à une profondeur considérable (une fois et demie son emprise au sol).

L'essentiel

  • Réaliser impérativement une étude géotechnique spécifique à la mise en œuvre du dallage.
  • Adapter l'ouvrage aux contraintes ultérieures, notamment dans la conception des joints.
  • Étude géotechnique G2.
  • Données essentielles.
  • Dossier d'exécution.
  • Conception et protection des joints.
  • Entretien et maintenance.

A consulter

  • NF DTU 13-3 partie I : Dallages - Conception, calcul et exécution.
  • NF DTU 21 : Travaux de bâtiment - Exécution des ouvrages en béton.
  • NF P94-093 Sols : Reconnaissance et essais - Détermination des références de compactage d'un matériau.
  • NF P94-117-1 Sols : Reconnaissance et essais - Portance des plates-formes.

 

Désordres de dallages à usage industriel - Seconde partie : soulèvements

Constat

Il arrive que des panneaux entiers de dallages en béton armé ou non, coulés dans des conditions en apparence satisfaisantes, se fissurent puis se soulèvent peu de temps après leur réalisation.

En s'étendant à l'ensemble du dallage, le phénomène prend ensuite des proportions inquiétantes avec des lézardes atteignant plusieurs centimètres d'ouverture.

Plusieurs sinistres graves ont été recensés avant que ne soit établie l'origine chimique de l'expansion de la forme.

Les réparations sont lourdes et onéreuses, car il n'existe qu'une solution confortative : refaire le dallage, après enlèvement de la couche gonflante et substitution par des matériaux inertes.

Diagnostic

  • Un relevé de la surface du dallage, en le rattachant à des points fixes pris sur la structure porteuse du bâtiment et des repères pris à l'extérieur du bâtiment, permet de :
    • s'assurer que les désordres constatés correspondent bien à un soulèvement du dallage et non pas à un affaissement de la structure porteuse entraînant le dallage vers le bas ;
    • pouvoir suivre l'évolution du phénomène dans le temps en faisant procéder à de nouveaux relevés.
  • Le soulèvement du dallage correspond à des réactions chimiques expansives au sein de la couche de forme réalisée par apport de matériaux ou traitement du sol en place. Il peut être également dû à des gonflements des argiles ou des schistes cartons.
  • Des investigations complémentaires s'imposent pour déterminer la cause de ce soulèvement et déterminer son évolution prévisible. Il peut s'agir :
    • d'une forme réalisée par apport de résidus d'une centrale d'incinération d'ordures ménagères (mâchefers). La présence de sulfures et l'absence de garantie quant à la stabilité dans le temps réservent ce matériau au domaine routier et non au bâtiment ;
    • d'une forme réalisée par apport de granulats de recyclage contenant du plâtre et mis en présence de ciment, d'où la formation de sels expansifs (ettringite) en présence d'eau. Les granulats recyclés étant malaxés et broyés, les surfaces de contact plâtre/béton sont plus élevées, ce qui augmente le risque de gonflement ;
    • d'un traitement à la chaux d'un sol contenant du gypse, donnant lieu en présence d'eau à la formation de sels expansifs (thaumasite) ;
    • d'un traitement au ciment d'un sol contenant du gypse, donnant lieu en présence d'eau à la formation de sels expansifs (ettringite).
  • Dans chacun de ces cas, la réaction se poursuit jusqu'à la destruction complète des composants qui en sont à l'origine.
  • La réaction de formation des sels expansifs a besoin d'eau. En période de sécheresse, le sinistre peut donc être mis en sommeil pendant plusieurs mois, voire plusieurs années avant de se manifester.
  • Composé « cristallin » responsable de la dégradation (vue au microscope).

Les bonnes pratiques

  • Respecter le NF DTU 13-3 partie I : « dallages à usage industriel ».
  • Analyser la teneur en sulfates du sol : la présence de sulfates dans le sol provoque le gonflement. L'expérience acquise montre que, si une teneur maximale admissible en sulfates de 0,5 % est souvent adoptée dans le domaine routier, un dallage de bâtiment est un ouvrage plus sensible aux mouvements de la forme ; la teneur en sulfates dans ce cas doit donc être proche de 0 %. La teneur en sulfates du sol s'obtient par analyse en laboratoire d'échantillons prélevés in situ suivant un maillage représentatif.
  • Procéder à un essai d'évaluation de l'aptitude d'un sol au traitement, conformément à la norme NF P 94-100. Les conditions de formation de sels expansifs sont reproduites en laboratoire de manière accélérée sur un échantillon de sol traité. Ce sol est considéré apte au traitement si aucun gonflement n'est relevé.

L'essentiel

  • Réaliser une étude géotechnique spécifique avant toute réalisation de couche de forme ou tout traitement de terrain en place.
  • Procéder à un examen physico-chimique du sol d'assise des dallages pour déceler la présence de gypse et de sulfates.

A consulter

  • NF DTU 13-3 partie I : Dallages - Conception, calcul et exécution.
  • NF DTU 21 : Travaux de bâtiment - Exécution des ouvrages en béton.
  • NF P94-093 Sols : Reconnaissance et essais - Détermination des références de compactage d'un matériau.
  • NF P94-100 Sols : Reconnaissance et essais - Matériaux traités à la chaux et/ou aux liants hydrauliques.
  • NF P94-500 : Missions géotechniques - Classification et spécification.

 

Absence de joints de dilatation

 

Désordre

Fissures anarchiques affectent l’auvent en béton au droit d'un redans de façade. Ces fissurent drainent l’eau de pluie vers les façades, provoquant une infiltration à l'intérieur d'un logement en partie haute du doublage.

 

Diagnostic

Tous les bétons font du retrait à leur jeune âge. Et les éléments saillants exposés aux intempéries sont soumis à des variations dimensionnelles importantes au gré des changements de températures. Tous ces mouvements cumulés provoquent la fissuration du béton si les longueurs sont excessives.

Ici, aucun joint de dilatation n’a été réalisé sur la longueur de la corniche et de l’auvent. C’est la cause des fissurations.

Préconisation

Pour réaliser correctement ces éléments saillants en béton il fallait respecter la norme NF P 10-202-2 (DTU 20.1) Ouvrages en maçonnerie de petits éléments, Règles de calculs. Ce texte limite la longueur entre joints de dilatation, pour ces éléments saillants, à 4m en région chaude et à 6m en régions humides, tous en précisant la densité de ferraillage à mettre en œuvre.

De même la norme NF P 10-203-1 (DTU 20.12) Gros œuvre en maçonnerie des toitures destinées à recevoir un revêtement d’étanchéité, formule aussi des prescriptions en matière de fractionnement et de ferraillage des acrotères de toitures terrasses.

 

Défaut d'enrobage des aciers

 

Désordre

Eclat du béton et oxydation des armatures.

 

Diagnostic

Le PH du béton est supérieur à 10 en raison de l'émission progressive de chaux par les silicates qui passivent naturellement l'armature. Si l'enrobage des aciers par le béton est insuffisant, l'acier n'est plus protégé au bout d'un certain nombre d'année par son environnement basique.

 

Préconisation

Il faut veiller à l'enrobage des aciers qui est de (suivant Règles BAEL 91) :

•5 cm pour les ouvrages exposés aux embruns ou brouillard salins, et ceux exposés aux atmosphères très agressives ;

•3 cm pour les parois soumises à des actions agressives, ou des intempéries, ou des condensations ;

•2 cm pour des parois qui seraient situées dans des locaux couverts et clos et qui ne seraient pas exposées aux condensations.

Ces valeurs sont des minimums sans tolérance.

 

Défaut de réalisation de voiles en béton

 

Désordre

Des fissurations spectaculaires sont apparues en quelques années sur des voiles de béton banché non porteurs, séparatifs entre appartements. La solidité de la structure n’est pas compromise mais les fonctions isolation acoustique et protection incendie ne sont plus assurées. L’ouvrage est rendu impropre à sa destination.

 

Diagnostic

Ces voiles n’étant pas porteurs ils ne se sont pas fissurés sous l’effet de charges anormales. Ils se sont fissurés sous le seul effet du retrait du béton. Tous les bétons font du retrait et doivent donc être ferraillés pour palier à ce phénomène inévitable. Si le retrait est anormalement important ont peut suspecter une insuffisance de ferraillage et un dosage excessif en eau lors de la confection du béton.

 

Préconisation

La réalisation des voiles en béton banché est régie par la norme NF P 18-210 (DTU 23.1) Murs en béton banché. Ce document précise les ferraillages à mettre en œuvre selon les parties de construction. Il rappelle que la composition du béton doit être établie, notamment, en vue d’obtenir une bonne compacité et une faible fissurabilité. Il renvoie sur ce point à la norme NF P 18-201 (DTU 21) Exécution des ouvrages en béton.

 

Dégradation des reprises d'épaufrures en structures extérieures en béton

 

Désordre

Quelques années après les travaux les reprises effectuées sont affectées à leur tour de décollements et d’éclatements.

C’est essentiellement l’aspect esthétique qui est concerné mais la chute de morceaux peut présenter un risque d’accident. Les éclatements sont aussi susceptibles de mettre à jour des aciers qui vont alors s’oxyder en s’expansant et aggraver ainsi les désordres.

Diagnostic

Les reprises n’ont pas été réalisées avec un mortier adjuvanté de résine et le support n’a pas été préparé correctement. L’adhérence entre le support et le matériau de rebouchage est imparfaite. L’eau s’infiltre par capillarité à l’interface entre les 2 et, lorsqu’elle prend en glace, provoque le décollement de la reprise. Cette eau entretien aussi l’oxydation des aciers situés à faible profondeur dans le béton.

 

Préconisation

Les supports devaient être soigneusement décapés, les aciers apparents nettoyés et passivés sur toutes leurs faces. Ensuite il fallait appliquer une résine d’accrochage, et seulement après reboucher avec un mortier adjuvanté de résine, spécifique pour ce type d’emploi.

Enfin, il est prudent d’appliquer un revêtement imperméable sur tout l’élément concerné afin de le préserver des effets de l’eau.

 

Effondrement de mur de soutènement

 

Désordre

Effondrement d'un mur de soutènement établi en limite de propriété.

Le mur était constitué de simples blocs maçonnés de béton sans armatures particulières.

Diagnostic

Ce type d'ouvrage en maçonnerie simple ne peut pas convenir en soutènement de terres.

Par ailleurs, les fondations étaient largement sous-dimensionnées et aucun système de drainage

n'était réalisé.

Aucune évacuation des eaux par système de barbacanes n'étaient en place.

Le mur ainsi constitué n'a pas pu retenir la poussée des terres chargées en eau.

Préconisation

Pour ce type de réalisation, les blocs simples de maçonneries ne doivent pas être utilisés.

Un ouvrage de type béton armé calculé est indispensable prenant en compte les caractéristiques précises du terrain pour permettre le dimensionnement de la paroi et des semelles de fondations pour éviter, entre autres, le renversement du mur.

Un système de drainage doit par ailleurs être établi du côté des terres ainsi qu'un réseau de barbacanes pour éviter la rétention d'eau derrière la paroi.

 

Fissuration de mur blocs agglomérés

 

Désordre

Sur le mur extérieur, côté terrasse, apparition de fissures importantes de part et d'autre de la porte-fenêtre. Les fissures sont plus ouvertes du côté de la porte-fenêtre.

 

Diagnostic

Le mur, objet des désordres, se situe sur une dalle pleine béton non renforcée. Le mur crée une surcharge localisée sur la dalle et l'absence de poutre à la verticale de ce mur entraine un fléchissement de l'ensemble. Cette disposition est aggravée par la présence de la porte-fenêtre qui crée un point faible au niveau de la maçonnerie.

 

Préconisation

Lors de la réalisation de la dalle béton, il était possible de réaliser une poutre destinée à recevoir le mur et dépassant en hauteur au-dessus de la dalle jusqu'à l'appui de la porte-fenêtre. Compte tenu de la longueur de la poutre, la valeur de 1/10ème de la portée était respectée.

 

Fissuration sous dalle de béton

 

Désordre

Fissuration importante sous une dalle de béton armé. La fissure est parfaitement linéaire. Elle est présente sur l'intégralité de la périphérie extérieure du local que couvre cette dalle.

Ce local destiné à une cave subit de nombreuses venues d'eau du fait notamment de cette fissuration traversante.

Diagnostic

La dalle en béton est restée plusieurs mois directement exposée aux intempéries et à l'ensoleillement.

La cause principale de la fissuration est la mise en température de la dalle et sa dilatation,

produisant ainsi un choc thermique par rapport aux ouvrages verticaux sous-jacents.

La fissuration qui en résulte directement est située sous cet ouvrage béton et a été facilitée par la

présence d'un support vertical de nature différente et fragile en maçonnerie de parpaings creux.

Préconisation

Cette dalle n'était pas protégée thermiquement.

Ce type de pathologie est fréquent pour ce type de dalle terrasse recevant ou non une étanchéité

lorsqu'elles ne sont pas isolées. Une isolation sur la surface de la dalle aurait permis de limiter les effets  de sa dilatation thermique.

Une précaution supplémentaire qui est également applicable aux dalles intérieures séparatives

de deux niveaux habités consiste à ne pas laisser en façade avant ravalement deux matériaux de nature

et de comportement thermiques trop différents (sans parler du comportement mécanique par flexion

des dalles) : l'usage de planelles maçonnées par exemple, conformément au DTU 20-1, peut limiter

les fissurations entre dalles et maçonneries de parpaings.

 

Fissure sur console courte en béton armé

 

Désordre

Compte tenu des charges roulantes la dalle haute est portée sur un poteau central en béton armé, muni de 2 corbeaux.

Lors de travaux d’entretien de la fosse la rupture d’un des 2 corbeaux a été découverte. Il y a un risque important pour la stabilité de la dalle.

Diagnostic

La console est insuffisamment ferraillée, en particulier en partie supérieure soumise à des efforts de traction et de cisaillement. Le béton n’est pas non plus de bonne qualité.

 

Préconisation

Un ouvrage de béton armé doit être calculé par un BET compétent, en conformité avec les règles BAEL en vigueur. Et en tenant compte de l’atmosphère régnant dans la fosse pour déterminer l’épaisseur d’enrobage des aciers dans le béton.

L’exécution doit être conforme à l’étude de béton armé en ce qui concerne la position et la section des aciers. Le béton doit être correctement dosé et mis en œuvre.

 

Fléchissement excessif d'une poutre porteuse de plancher bois

 

Désordre

Réhabilitation d'une maison ancienne par suppression de certains murs porteurs au RDC et mise en place d'une poutre en chêne de 22 x 32 cm sur 6,40 m de portée, destinée à supporter le plancher existant et les cloisons de l'étage.

Fléchissement de 5 cm de la poutre maîtresse en chêne, d'où vide de 5 cm sous cloisons de l'étage et fissuration de certaines d'entre elles.

Diagnostic

Ce fléchissement excessif, et hors tolérances admises par les DTU, résulte de l'utilisation d'une poutre de section notoirement insuffisante. Compte tenu de la portée entre appuis et des charges à reprendre par cette poutre, une note de calcul établie après survenance des désordres démontre que la section de la poutre aurait dû être de 30 x 42 cm (au lieu des 22 x 32 réalisés à la pose).

Outre l'insuffisance de section, le phénomène est aggravé par un amaigrissement important de la poutre (de 5 à 6 mm en périphérie), résultant de l'utilisation de bois présentant une humidité excessive lors de la mise en œuvre (séchage accéléré en place sous l'effet du chauffage des locaux).

Préconisation

Dans ce cas de portée importante (6,40 m), il aurait été nécessaire de faire calculer la section de la poutre par un BET spécialisé en charpente bois, avant mise en œuvre.

Utiliser également un bois suffisamment sec en se conformant au DTU 31.1 relatif aux charpentes et escaliers en bois.

 

Fuite dans une piscine

 

Désordre

La piscine destinée à des soins, est de conception classique à hauteur d'eau régulée constante.

Une fuite journalière de 2 m3 environ pour un bassin de 30m3 est constatée par l'exploitant.

Un compteur d'eau indépendant a permis ce constat, aucune manifestation visible n'étant à déplorer.

Diagnostic

La perte d'eau n'étant pas visible directement, plusieurs essais ont été nécessaires pour localiser cette fuite.

Les premières recherches se sont dirigées vers les réseaux PVC de refoulement et l'évacuation (bonde de fond) situés sous l'ouvrage béton. Aucune accessibilité n'étant possible directement (pas de vide sanitaire), une instrumentation par caméra a été dans un premier temps réalisée.

Cette instrumentation n'a pas permis de visualiser une rupture de canalisation. Cependant, elle n'excluait pas la possibilité d'un décollement au niveau d'un raccord, non visible par simple caméra.

Une mise en légère pression d'eau a donc été faite. Elle a permis de conclure que ces réseaux n'étaient pas fuyards. Une remise en eau du bassin en coupant toute alimentation d'eau par la suite et un suivi journalier du niveau d'eau a permis de constater que la perte la plus importante s'effectuait en partie haute du bassin (7 cm par jour au lieu de 1 à 1,5cm en fond de bassin correspondant à l'évaporation).

Des essais ont été réalisés par la suite directement sur les skimmers en les isolant du reste du bassin : il a été alors constaté une importante fuite au niveau de l'étanchéité autour de ces équipements.

Préconisation

L'imperméabilisation avant carrelage était destinée à assurer une relative étanchéité de l'ensemble. Cette imperméabilisation est interrompue à chaque point particulier de type scellement d'équipements.

Une attention particulière doit donc être portée au traitement de ces points particuliers pour étancher les interfaces entre béton et ouvrages incorporés.

 

Humidité dans pièces intérieures liée à l'absence de drainage périphérique

 

Désordre

Nous constatons dans les pièces adossées au pignon Est des auréoles (avec décollement de papiers peints et développement de moisissures noirâtres) endommageant les papiers peints en bas des doublages. L’humidimètre indique des taux d’humidité de l’ordre de 15% minimum.

Il n’est constaté aucun dommage sur papiers peints en cueillie de plafond des pièces concernées par le désordre, et la ventilation fonctionne correctement.

L’enduit monocouche en pignon Est (qui est en limite de propriété) ne présente aucune fissuration.

Nous constatons la présence de terres situées localement au-dessus de l’arase étanche du pignon Est.

Ailleurs, la terre est située en dessous de l’arase étanche.

Diagnostic

La terre du terrain voisin, située localement au-dessus de l’arase étanche, favorise les remontées capillaires lors de périodes très humides par contournement de la barrière de coupure de capillarité située sur le soubassement en agglomérés.

Par ailleurs, le CCTP prévoyait la mise en place d’un réseau de drainage en périphérie de la construction. Un sondage pratiqué au cours de la réunion d’expertise en pied de pignon Est ne laisse apparaître aucun système de drainage. Les remontées capillaires sont favorisées par le sol non drainé.

Préconisation

Il était nécessaire de respecter le CCTP du marché qui prévoyait clairement un drainage en pied des parois verticales pour l’ensemble des maçonneries périphériques.

Il est par ailleurs indispensable de respecter la mise en place d'une coupure de capillarité disposée à 0.15m au moins au-dessus du niveau le plus haut du sol définitif extérieur, comme le stipule le DTU 20.1. Maçonneries en petits éléments.

 

Infiltrations à travers un mur en blocs de coffrage en polystyrène expansé

 

Désordre

Des infiltrations d'eau importantes se sont produites à travers le mur du sous-sol. Le doublage BA13 collé par des plots s'est détérioré sous les effets de l'eau.

 

Diagnostic

L'enduit extérieur qui protège le polystyrène du bloc de coffrage présente plusieurs défauts:

- il n'est pas réalisé sur toute la surface: au niveau du chainage horizontal du plancher, le polystyrène est à nu ;

- l'enduit est armé avec un grillage galvanisé au lieu d'un système d'armatures renforcées en fibre de verre. De plus, les plaques de protection du drainage vertical sont descendues trop bas, elles commencent sous la partie sans enduit ;

- enfin, le choix de plaques de plâtre ordinaire a aggravé le désordre.

Préconisation

Respecter l'Avis technique du produit et les conditions générales d'emploi et de mise en œuvre des revêtements applicables sur les murs réalisés à l'aide de blocs de coffrage en polystyrène expansé.

Monter les plaques de protection jusqu'en haut des murs enterrés.

Et enfin, réaliser un doublage intérieur avec des matériaux moins sensibles à l'humidité.

 

Réalisation d'une terrasse au-dessus de l'arase étanche de la maison

 

Désordre

Nous constatons deux zones d’humidité en pied de cloison de doublage en briques plâtrières. La façade concernée n’est heureusement pas exposée aux agressions climatiques dominantes (façade Est). Cette humidité en pied de cloison est occasionnelle (constatée a priori essentiellement lors d’un contact prolongé de la neige avec la maçonnerie).

 

Diagnostic

La configuration des lieux est telle que l’arase étanche (prévue, selon la notice descriptive, sur le dernier rang d’agglomérés avec un feutre bituminé ou un hydrofuge) est située à un niveau altimétrique inférieur à celui du niveau brut de la terrasse (qui sera en plus théoriquement carrelée par la suite).

Ainsi l’eau en contact des maçonneries peut migrer par capillarité au-dessus de l’arase étanche et humidifier l’épaisseur de la maçonnerie jusqu’à la cloison intérieure.

Préconisation

Il aurait fallu respecter le DTU 20.1 (Ouvrage en maçonnerie), qui définit en son article 3.12 les règles générales de protection contre les remontées d'humidité du sol. Il s'agissait de prévoir une coupure de capillarité disposée à 0.15 m au moins au-dessus du niveau le plus haut du sol définitif extérieur (la terrasse en l'occurrence).

 

 

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