Revêtements de sols

Fiches pathologie

Décollement de revêtements de sols souples collés

Dégradations par l'eau des douches carrelées dites "à l'italienne"

Désordres des sols industriels

Désordres sur peintures de sol

Fissuration et décollement des carrelages de sol dans l'habitat

Parquet et risques liés à l'humidité

 

Fiches détails

Affaissement de carrelage

Apparition de mérule dans une salle de bain

Carrelage sur chape fluide base ciment

Carrelage sur plancher bois flexible

Chape fluide fissurée avant pose du carrelage

Cloquage d'un revêtement de sol sportif

Cloques sur revêtement de sols PVC dans une salle de sport

Décollement carrelages 40x40

Décollement d'un carrelage collé sur chape à base de sulfate de calcium

Décollement d'un carrelage extérieur

Décollement de peinture de sol

Décollement de revêtement de sol en dalles minces

Décollement de revêtement plastique

Décollement de sol souple

Décollement de sols sportifs sur PVC enrobé

Désagrégation d'un plancher bois sous un revêtement plastique

Disjonction de lames de parquet bois

Dislocation de carrelage en site industriel

Écrasement d'une forme sèche

Fissuration de carrelage collé sur chape fluide

Fissures sur carrelage en pose scellée

Fissures sur chape dans un magasin

Glissance excessive d'une peinture de sol en parking

Infiltration sous douche à l'italienne

Retrait irréversible d'un parquet bois

Soulèvement de carrelage

Soulèvement de parquet collé

Soulèvement de parquet flottant

Soulèvement de parquet massif collé et de son support

Tuilage d'un parquet de scène

Vision du spectre de bords de panneaux et de vis sur revêtement de sol plastique

 

Décollement de revêtements de sols souples collés

Constat

Les revêtements de sols souples collés sont fréquemment soumis à des phénomènes de cloquage ou de décollement, dont la cause la plus fréquente est la trop forte humidité du support.
Un défaut de préparation du support peut aussi être à l'origine de décollements.

Diagnostic

Un revêtement de sol souple collé associe différents éléments.

  • Le support : le revêtement mis en œuvre sur support neuf (plancher béton surfacé, dallage béton sur terre-plein, chape de mortier ou fluide à base de ciment ou plancher bois) ou ancien (avec conservation éventuelle du revête­ment de sol existant et/ou de sa colle).
  • Les produits de préparation de la surface : le support est éventuellement traité à l'aide d'un primaire. Il peut être ensuite recouvert d'un enduit de lissage de quelques millimètres.
  • Les adhésifs : les colles sont à base de résine acrylique en émulsion dans l'eau.
  • Le revêtement proprement dit (à base de PVC, de caoutchouc ou de linoléum).

Le cas particulier des chapes à base de sulfates de calcium (autrement appelées chapes anhydrites) n'est pas traité dans cette fiche.

Les revêtements de sols souples sont étanches à l'eau et à la vapeur d'eau.
Ils empêchent l'évaporation de l'eau en excès dans le support, ce qui retarde la prise de la colle qui reste poisseuse. L'augmentation de la tension de vapeur due à un écart de température peut entraîner le soulèvement du revêtement. Le phénomène affecte davantage les revêtements en lés que les revêtements en dalles (dont les joints  laissent s'échapper un peu d'humidité).

La présence d'eau peut avoir comme origine

  • L'eau qui a servi à la fabrication du béton : l'eau libre s'évapore au contact de l'air. Ce séchage n'est rapide qu'en surface (3 cm).  Au-delà, il peut prendre des mois voire des années si les conditions sont défavorables.
  • Certaines configurations défavo­rables, comme les planchers intermédiaires collaborants : le bac acier en sous-face empêche l'évaporation par le dessous. La pose du revêtement arrête donc complètement le séchage.
  • Les venues d'eau extérieures concernent les planchers sur vide sanitaire ou cave, peu ventilés, et donc exposés aux remontées d'humidité. Ces remontées par capillarité peuvent entraîner la rupture de cohésion de l'enduit de lissage.

Le cas particulier des dallages.

Dans le passé les dallages sur terre-plein se trouvaient, après pose de revêtement souple, entre deux barrières étanches formées par le revêtement au-dessus et un polyane en dessous : l'humidité résiduelle au moment de la pose en resterait définitivement prisonnière.

Les bonnes pratiques

  • Établir le planning d'intervention en amont du chantier.
    Dès cette étape, il convient de réserver le temps de séchage nécessaire.
  • Réceptionner le support.
    Pour éviter la formation de cloques ou les décollements, l'entreprise devra impérativement vérifier que le support est propre en surface, sec même en profondeur et qu'aucune humidité ne pourra remonter dans celui-ci.
    La norme fixe à 4,5 % la siccité au-delà de laquelle la pose du revêtement souple est interdite. Dans les conditions habituelles de chantier, cette valeur est difficile à obtenir, voire quasi impossible dans des cas comme celui des planchers collaborants. La pose doit donc systématiquement être précédée d'une mesure de la teneur en eau du support  avec une « bombe au carbure » ou avec une « sonde hygrométrique ».
  • Bien préparer le support
    • S'assurer que le support est propre (absence de produit de cire, de plâtres…) et sec (humidité inférieure ou égale à 4,5 % en masse) et qu'un primaire compatible avec le mortier de ragréage a été appliqué, afin d'éviter d'éventuelles interactions négatives (cristallisations, gonflements, déstructurations) entre le support et le mortier de ragréage autolissant sus­cep­­ti­bles de soulever le revêtement de sol souple.
    • Les microfissures de retrait du béton doivent être rebouchées.

Coupe de plancher sur terre-plein

 

 

 

 

 

 

 

 

  • Dans le cas des dallages sur terre-plein, proscrire la pose collée directe et mettre en œuvre une des 3 solutions prévues par le NF DTU 53-2 :
    • réaliser une chape sur un film de polyéthylène pare-vapeur ;
    • coller le revêtement de sol plastique sur une couche de diffusion ;
    • mettre en œuvre un pare-vapeur sur support béton grenaillé, associé à un enduit de préparation de sol. La technique du pare-vapeur impose la réalisation d'un dallage armé.
    • Les deux dernières solutions relèvent de la procédure d'Avis Technique.
  • Veiller aux conditions de pose.
    Le NF DTU 53.2 impose le respect de conditions hygrothermiques lors de la pose (support éloigné de 4,5 % du point de rosée), qui peuvent se traduire­ par la nécessité de préchauffer les locaux avant la pose.

L'essentiel

  • Établir un planning en prenant compte des temps de séchage du support.
  • Évacuer au maximum l'humidité du support, en respectant la teneur hydrique du support ou à défaut en préchauffant les locaux avant pose.
  • Travailler sur un support propre.
  • Proscrire la pose collée directe sur les dallages sur terre-plein.

A consulter

  • NF DTU 53.2 : Revêtements de sols plastiques collés.
  • NF DTU 26.2 : Chapes et dalles à base de liants hydrauliques.
  • NF DTU 65.14 : Exécution des planchers chauffants à eau chaude.
  • NF T76-011 : Adhésifs - Classification des principaux adhésifs.
  • Mémo Chantier Sols souples collés de l'Agence Qualité Construction.

Dégradations par l'eau des douches carrelées dites "à l'italienne"

Constat

Des passages d'eau se manifestent dans l'environnement des douches dites « à l'italienne » (ou « de plain-pied »), avec des dégradations conséquentes des parois des locaux périphériques, mais aussi avec des infiltrations dans les locaux sous-jacents.

Ces phénomènes se manifestent dans un premier temps au niveau des angles de raccordement entre parois, entre paroi et sol, ou au niveau du siphon d'évacuation encastré dans le sol. Ils s'étendent ensuite si les défauts d'étanchéité ne sont pas solutionnés rapidement.

Diagnostic

Les origines des désordres sont, pour certaines, identiques à celles identifiées dans les coins douches avec receveurs (voir fiche F5), à savoir :

  • sur les parois verticales à base de plâtre, nature inadaptée ou absence ou défaut de continuité de la protection à l'eau sous la faïence murale ;
  • jointoiement défectueux des carreaux de faïence dans les angles rentrants (verticaux et horizontaux) et au droit de la robinetterie.

Elles sont complétées par des causes spécifiques aux douches dites « à l'italienne » du fait de l'absence de receveur de recueil de l'eau :

  • l'absence ou l'inadaptation du procédé d'étanchéité indispensable au niveau du sol (le revêtement de sol carrelé et son jointoiement ne peuvent être étanches !), en tout premier lieu ;
  • l'absence de relevé périphérique de l'étanchéité du sol ou le mauvais raccordement de ces relevés avec le revêtement de protection des parois verticales ;
  • la limitation de l'étanchéité du sol à l'emprise de la douche côté accès salle de bains. Elle ne protège donc pas le sol des effets du rejaillissement ;
  • l'utilisation, pour l'évacuation de l'eau, d'un siphon de sol inadapté à cet usage et ne permettant pas le raccordement efficace et pérenne de l'étanchéité au sol. Le siphon doit comporter une platine et recueillir l'eau circulant sur le carrelage et sur l'étanchéité sous-jacente, avec un débit suffisant ;
  • la mauvaise réalisation du raccordement de l'étanchéité horizontale sur le siphon ;
  • l'absence ou l'insuffisance de pente vers le siphon entraînant des migrations de l'eau vers les surfaces adjacentes non étanchées ;
  • la mauvaise utilisation de supports industriels prêts à carreler en matériau de synthèse :
    • réservés aux locaux privatifs et utilisés en locaux collectifs,
    • carrelés en galets naturels et poinçonnés par le support prêt à carreler (utilisation en dehors de l'Avis Technique du procédé de receveur).

Les bonnes pratiques

  • Se conformer aux consignes générales développées dans la fiche F5. (Reprise d'humidité dans les coins douches).Points sensibles de l'étanchéité

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • Dans le cas spécifique d'une douche de plain-pied dite « à l'italienne», se reporter au NF DTU 52.2 P1-1-1 et 3 ainsi qu'au Cahier 3567 du CSTB.

 

Exemple avec étanchéité SÉL et carrelage scellé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces documents expriment clairement le fait que le revêtement carrelage (carreau + colle + joint) ne peut s'opposer au passage de l'eau vers le support. L'étanchéité préalable du support est donc indispensable en l'absence de receveur.

Cette étanchéité, qui peut être réalisée par différents procédés (voir ci-dessous), devra être raccordée sur un siphon d'évacuation spécifique permettant ce raccordement.

Le support de l'étanchéité devra comporter une pente minimale fixée en général par le cahier des charges de mise en œuvre du procédé d'étanchéité utilisé. Des pentes sont données au revêtement « carrelage » pour évacuation au siphon.

L'étanchéité sera relevée sur la périphérie de la douche avec une hauteur de relevé de 0,10 m minimum au-dessus du niveau du revêtement fini. Si le relevé est impossible à réaliser, (cas de l'accès à la douche sans seuil ou de séparatif en matériau verrier par exemple), l'étanchéité sera prolongée horizontalement hors emprise de la douche sur une longueur de 1,00 m au moins, mieux sur toute la surface de la pièce.
Ne pas confondre SPEC, SÉL et SÉPI !
En fonction de l'intensité et de la fréquence de la présence d'eau (douchette ou colonne d'hydromassage, c'est différent), de la nature et de la géométrie des supports, deux options existent pour se prémunir des effets de l'exposition à l'eau des parois et du sol.

  • Les Systèmes de Protection à l'Eau sous Carrelage (SPEC), constitués par l'application de produits liquides formant une membrane par séchage ou encore de nattes ou films ;
  • Les procédés d'étanchéité que sont :
  • les Systèmes d'Étanchéité Liquide (SÉL), utilisés depuis de nombreuses années, constitués par l'application de produits liquides ou pâteux formant par séchage ou polymérisation un revêtement d'étanchéité,
  • les Systèmes d'Étanchéité de Plan­chers Intermédiaires (SÉPI) constitués par des nattes manufacturées en matériaux de synthèse.

Ces 3 systèmes se distinguent par :

  • Les domaines d'emploi et les fonctions qu'ils remplissent : un SPEC n'a pas vocation à assurer l'étanchéité d'un ouvrage alors que c'est la destination des SÉL et des SÉPI ;
  • Leur environnement réglementaire : les SPEC et SÉPI relevant de l'Avis Technique ou des ATE + DTA, ou des pass innovation, les SÉL des règles professionnelles (APSEL) ;

NB : les carreleurs amenés dans les conditions rappelées ci-dessus à mettre en œuvre des SÉPI et des SÉL doivent vérifier leurs qualifications QUALIBAT ou équivalent et déclarer cette activité auprès des organismes d'assurance.

Usuellement, les SPEC sont utilisés en protection de supports verticaux, les SÉL et les SÉPI en étanchéité horizontale au sol.

  • Concevoir globalement l'organisation du local et de l'espace douche au regard de la protection à l'eau des supports.
  • Coordonner les travaux entre corps d'état (plombier et carreleur a minima).
  • Analyser la fiche technique des matériaux et appareils, et retenir ceux adaptés à l'usage envisagé.
  • Soigner la réalisation des raccordements et points singuliers des étanchéités horizontales et des SPEC verticaux.

L'essentiel

  • Prendre en compte dès la conception les contraintes spécifiques liées à l'étanchéité.
  • Choisir appareils, matériaux et systèmes adaptés à la configuration et à l'usage.
  • Veiller particulièrement à la bonne réalisation des points singuliers.

A consulter

  • NF DTU 52.2 P1-1-1 et 3 : Travaux de bâtiment - Pose collée des revêtements céramiques et assimilés - Pierres naturelles.
  • NF DTU 60.1 : Plomberie sanitaire pour bâtiments.
  • e-Cahier du CSTB n° 3567 : Classement des locaux en fonction de l'exposition à l'humidité des parois et nomenclature des supports pour revêtements muraux intérieurs.
  • Règles Professionnelles de l'APSEL : Travaux d'étanchéité à l'eau réalisés par application de systèmes d'étanchéité liquide sur planchers intermédiaires et parois verticales de locaux intérieurs humides.

Désordres des sols industriels

Constat

Trop souvent considérés comme accessoires, les revêtements de sol industriels subissent des désordres divers :

  • décollements de l'interface béton/résine rapidement suivis d'un craquèlement puis de la destruction du revêtement ;
  • usure ou traces d'impacts ;
  • fissuration ;
  • glissance excessive.

Les points 2 et 3 peuvent également évoluer vers des décollements.

Diagnostic

Ces désordres ont trois origines possibles :

  • le produit (défaut de préconisation, de qualité) ;
  • le support (résistance mécanique insuffisante, humidité, défaut de préparation) ;
  • la mise en œuvre (qualité d'exécution, non-respect des préconisations d'emploi des produits).

Par le terme « sols industriels », on désigne trois types d'ouvrages continus :

  • les sols à base de résines (à ne pas confondre avec les peintures de sol i sont des films minces cf. fiche F8) ;
  • les chapes incorporées ;
  • les sols rapportés à base de liants hydrauliques adjuvantés de résines.

Les décollements

Les décollements résultent la plupart du temps d'un défaut de préparation du support. Celui-ci doit être sain, donc cohésif, propre et sans laitance. Il doit également être suffisamment poreux pour permettre la pénétration du primaire d'accrochage, plus fluide et plus mouillant que la résine coulée en finition. Le nombre de tests permettant d'apprécier les caractéristiques du support doit être adapté à la surface des sols à réaliser.

L'humidité sous-jacente des dallages est un facteur déclenchant du décollement lorsque l'adhérence est médiocre.
Lors des travaux, le support doit être sec en surface. La réfection des sols d'industries alimentaires, constamment lavés, pose d'ailleurs des problèmes de phasage des travaux.

La présence de granulats, sensibles à l'alcali-réaction, est un facteur de détérioration du revêtement inhérent au support.

L'usure et les impacts

L'usure et les impacts résultent d'un choix du revêtement inadapté aux sollicitations mécaniques ou chimiques.

La résistance intrinsèque du revêtement n'est pas le seul gage de résistance. La réalisation des points singuliers doit être également soignée et faire partie de la conception même des ouvrages. Par exemple, les revêtements doivent être ancrés au bord des caniveaux. Les relevés en plinthes doivent être réalisés sur un matériau résistant aux chocs, etc.

Les fissures

Les fissures résultent de mouvements du support ou de chocs thermiques : présence de machines, lavages à l'eau chaude… Les joints de dilatation du support et de fractionnement du revêtement doivent être respectés.

La glissance

En présence de produits gras ou d'humidité, les sols peuvent devenir dangereusement glissants. La norme expérimentale XP P05-011 traite des exigences en matière de glissance pour l'industrie agroalimentaire. Il n'y a pas d'autre référentiel pour les autres industries, aucune concernant la glissance des sols industriels coulés, qu'ils soient hydrauliques ou à base de résines.

Les bonnes pratiques

Bien connaître les documents de référence, sachant que les sols industriels continus ne relèvent pas d'un DTU.

  • S'inspirant du classement UPEC, le CSTB a établi un référentiel technique permettant de classer les locaux (classement I/MC) et les revêtements (classement P/MC). Le cahier en cours de validité est le n° 3577 V3 de janvier 2010.
  • Le DTU 59.3 applicable aux peintures de sol est une bonne base en ce qui concerne la préparation du béton avant application de revêtements en résine.
  • L'Affar (Association française des formulateurs et des applicateurs de résine) a édité des recommandations concernant notamment le traitement des points singuliers (voir détail découpage des surfaces, fissures, joints de retrait, joints périphériques).

Bien intégrer les contraintes inhérentes à la réparation d'un sol industriel, beaucoup plus fortes que lors de la réalisation initiale de l'ouvrage :

  • sol mouillé ou gras ;
  • impossibilité d'arrêter la production ;
  • pollution d'aliments par les émanations des produits non polymérisés ;
  • sols gelés ;
  • impossibilité de déplacer certaines machines.

En particulier :

  • conception : le CCTP doit être détaillé et le cahier des charges doit préciser toutes les exigences inhérentes aux conditions d'exploitation et contraintes auxquelles sera soumis l'ouvrage ;
  • support : ne pas omettre les contrôles d'humidité et de résistance (compression, cohésion, porosité) et porter une attention particulière à la préparation du support ;
  • mise en œuvre : la réalisation doit être soignée (application des couches dans l'ordre et les quantités fixées), à l'abri des intempéries, et permettre le respect des temps de séchage.

L'essentiel

  • Accepter le support.
  • Définir les travaux de préparation nécessaire en fonction de la finition choisie.

A consulter

  • Article R4214-3 du code du Travail relatif à la glissance des sols.

  • DTU 59.3 : Peintures de sol.

  • NF DTU 54.1 : Revêtements de sols coulés à base de résine de synthèse.

  • XP P05-011 : Revêtement de sol - Classement des locaux en fonction de leur résistance à la glissance.

  • Guide Technique « Sols à usage industriel » - E-cahier n° 3577 V3 du CSTB.

Désordres sur peintures de sol

Constat

Les peintures de sol sont le siège de divers désordres (décollements, craquelures, usure prématurée…) mettant en cause le choix du produit, sa mise en œuvre ou la qualité du support.

Diagnostic

Décollement du film seul

  • Dalles béton neuves, trop lisses et trop « fermées ».
    La peinture se décolle en lambeaux, la face en contact avec le béton est propre. Une goutte d'eau posée sur le béton ne pénètre pas : la surface manque de porosité et est inapte à recevoir un revêtement de peinture.
  • Humidité résiduelle de la dalle de béton.
    Le film forme des cloques. L'humidité ne se mesure véritablement in situ que par la méthode de la bombe à carbure. La pose d'un film de polyane sur la dalle permet uniquement d'apprécier de façon empirique la présence ou l'absence d'humidité avant mise en peinture.
  • Présence de laitance de béton.
    La peinture se décolle en lambeaux. On retrouve alors une fine couche de poussière collée à l'arrière du film de peinture.
  • Plus rarement, présence de produits de cure, voire d'huile ou de graisse sur des sols existants de locaux professionnels. Une analyse par chromatographie ou spectrométrie IR permet de confirmer la présence de produits étrangers.

Décollement du complexe film/fraction superficielle du support

Lorsque le film entraîne plus que de la laitance, il s'agit d'un béton manquant de cohésion superficielle ou d'un ragréage non adhérent. Le décollement accompagné d'un écaillage se manifeste plus particulièrement dans les zones de trafic.

Décollement entre couches de revêtement

Le planning de chantier peut être mis en cause (application trop prématurée de la première couche, trop différée de la dernière couche).

Erreur de dosage ou de malaxage des peintures bicomposant

Erreur de dosage, mélange manuel et temps de mûrissement du mélange non respecté sont autant de facteurs qui provoquent la formation de voiles ternes, voire un retard au séchage avec un durcissement de film différé au-delà de la mise en service normalement acceptable.

L'erreur de dosage du mélange peut aussi parfois provenir d'un vice de fabrication chez le fournisseur.

Abrasion du film

Les peintures de sol sont des films minces qui résistent plus ou moins bien à l'abrasion. Les plus résistants sont les polyuréthanes puis les époxy. Les moins résistantes sont les peintures alkyde-uréthane monocomposant.

Attaque par des produits chimiques

Le choix d'un revêtement pour un environnement spécifique doit prendre en compte les produits utilisés ou fabriqués. Le fabricant du revêtement doit être impérativement consulté.

Support incompatible avec une mise en peinture

D'autres types de phénomènes peuvent être causes de désordres, comme la détrempe des supports bitumineux par les solvants de la peinture. De plus, l'ancien revêtement bitumineux doit avoir une assez bonne cohésion interne pour supporter les tensions du revêtement.

Les bonnes pratiques

Les sols reçoivent des sollicitations mécaniques beaucoup plus importantes que les murs et les plafonds. De ce fait, les défauts de préparation du support ne pardonnent pas.

Réaliser les travaux préparatoires et les travaux d'apprêt en fonction de la nature du subjectile ou du support (DTU 59.3).

Vérifier la porosité du béton et sa perméabilité de surface

La méthode d'essai à la goutte d'eau n'est pas détaillée dans le DTU 59.3. Si la goutte reste en surface sans péné­trer, il convient de refaire le test après un essai de dérochage à l'acide. Si cela ne suffit pas, il faut envisager une méthode mécanique de dépolissage.

Contrôler l'humidité

Elle doit être inférieure à 4 % de la masse. On la détecte à l'aide d'un humidimètre, d'un film plastique ou d'une solution colorée.

Veiller à la cohésion superficielle du support

C'est le point faible dans beaucoup de parkings. La cohésion peut être appréciée par la résistance au lavage HP. Dans les parkings souterrains, faire attention aux zones qui ont pu être inondées juste après les coulages de béton. Si la mesure est effectuée au dynamomètre, le DTU 59.3 indique un minimum de 1 MPa, y compris pour les bétons ragréés.
Nota : le DTU renvoie, pour les ragréages proprement dits, à la norme NF P18-840 qui impose un minimum de 1,5 MPa. Cependant cette norme ne figure plus dans le corpus normatif, bien qu'encore citée par le DTU.

Veiller à la bonne compatibilité des produits de peinture entre eux

Il est conseillé de choisir un système complet chez un même fabriquant.

Respecter les proportions préconisées par la fiche technique du produit

Le DTU 59.3 rappelle que la majorité des produits de peinture est bicomposant. L'ajout de résine ou de durcisseur, au lieu d'améliorer le séchage, ne peut que le retarder et conduire à un film terne, fragile, encrassable. Il est essentiel également de respecter le temps de séchage entre les couches.

Ne pas attendre des peintures en film mince les performances des sols industriels (cf. fiche F4).

Les peintures de sols sont bien souvent employées très au-delà de leurs capacités de résistance.
À savoir : en réponse aux préoccupations environnementales, un Eco-label européen a été créé pour la certification des peintures, mais les solvants restent encore très présents dans la composition des peintures de sol.

L'essentiel

  • Porter une attention particulière à la bonne préparation du support.
  • Respecter les proportions entre les composants de la peinture et le temps de séchage entre les couches.
  • Respecter le domaine d'emploi.

A consulter

  • DTU 59.3 : Peintures de sol.
  • NF EN ISO 4624 : Peintures et vernis - Essais de traction.

Fissuration et décollement des carrelages de sol dans l'habitat

Constat

Le raccourcissement des délais de construction, les contraintes esthétiques et une mise en œuvre déficiente ont été à l'origine de la plupart des fissurations et décollements des carrelages de sol des années récentes.

Aujourd'hui, c'est plutôt la fissuration qui représente l'essentiel de la pathologie des carrelages. Son origine provient essentiellement du retrait excessif de la chape ou du mortier de scellement support. Les chapes sont mises en œuvre, soit seules, soit associées à des isolants avec ou sans plancher chauffant.

Le rôle du support est devenu important dans la pathologie du carrelage.

Diagnostic

Le carrelage traduit rapidement les pathologies de son support et de sa mise en œuvre. Les dommages les plus fréquents sont présentés ici :

La fissuration

La fissuration se développe linéairement dans diverses directions, notamment aux emplacements les plus sensibles (angles rentrants ou saillants, passage de porte, charge concentrée, devant les baies vitrées…). Elle traduit une déformation des couches constituant le support du carrelage due à :

  • La souplesse du plancher porteur (flexion excessive du plancher bois entre solives, flexion anormale d'un plancher béton et traction au droit des appuis) ;
  • Un fléchissement localisé du support dû à une charge concentrée sans renfort ;
  • Le tassement différentiel de l'isolant thermique ou phonique (présence de points durs, inadaptation ou défaut de mise en œuvre du matériau isolant) ;
  • Le franchissement d'un joint de gros  œuvre sans précaution (non-prise en compte des joints de construction, de dilatation, de rupture ou des changements de matériaux) ;
  • L'absence de joint de fractionnement ou de joints périphériques ;
  • Le retrait de la chape ou du mortier de pose (pose prématurée sur un support récent, dosage en ciment trop riche ou eau en excès, finesse et composition du ciment, respect et remplissage des joints de carreaux, défaut d'armature de la chape, mise en chauffe des planchers chauffants après la pose du carrelage, non-respect des conditions d'application des chapes liquides).

Le décollement des carreaux

Le décollement des carreaux a pour causes principales :

  • Une mauvaise préparation du mortier de pose ou une mise en œuvre (simple ou double encollage, simple ou double barbotinage) qui n'optimise pas l'adhérence, surtout si le carrelage est peu poreux ou relativement lisse en sous-face ;
  • Une préparation insuffisante du support (traces de plâtre ou présence de poussières, défaut de planimétrie entraînant des surépaisseurs de colle…) ;
  • Une mise en œuvre de la colle ne respectant pas les prescriptions du fabricant (temps d'ouverture, simple ou double encollage…) ;
  • Une décohésion du plan de collage sous les effets de l'humidité (remontées d'humidité dans le cadre des chapes fluides anhydrites, sulfate de calcium) ;
  • Une absence d'application d'un primaire adéquat, compatible avec les colles.

Le soulèvement

Le soulèvement peut survenir de façon brutale après un réchauffement rapide du carrelage, alors que le support est encore à une température inférieure, ou après retrait du gros œuvre dans les premières années.

La cause principale est une mise en compression du revêtement due :

  • Au retrait du support si le carrelage est posé prématurément ;
  • Aux variations dimensionnelles thermo-hygrométriques ;
  • À l'absence de joints périphériques et de fractionnement (facteur le plus souvent aggravant) ;
  • À la flexion des planchers.

Si à ces différents facteurs s'ajoute un collage ou un scellement défaillant, le revêtement carrelé se soulève par flambement.

Nombre de fissures ont pour origine l'incorporation de canalisations (électricité, plomberie) dans le mortier de pose (réduction localisée de son épaisseur), sans ravoirage (pourtant obligatoire).

Les bonnes pratiques

Vérifier

  • La hauteur de réservation.
  • La mise en œuvre d'un ravoirage si nécessaire.
  • Le type de support (chape ordinaire, chape à base de sulfate de calcium, chape à base de ciment ...).
  • Les conditions de pose du carrelage (délais de séchage et nature du support).
  • La présence de joints (périphériques et de fractionnement).
  • Respect des caractéristiques d'encollage des carreaux (simple, double, quantité de colle).
  • L'épaisseur et le dosage du mortier de scellement, chape ou dalle.
  • La planéité du support (propreté, cohésion et état de surface...).
  • La qualité de l'isolant (compres­sibilité).
  • Le positionnement du treillis dans la chape.
  • Le classement du carrelage adapté à l'usage (classement UPEC).

Préchauffer éventuellement les locaux avant pose

Veiller à la bonne mise en œuvre d'un carrelage sur un plancher chauffant

La mise en œuvre du carrelage ne peut se faire que 48 heures après extinction du plancher chauffant. La remise en service du chauffage ne peut avoir lieu qu'au moins 2 (pose collée) ou 7 (pose scellée) jours après la fin des travaux de revêtement.

L'essentiel

  • Vérifier le bon état du support.
  • Ne pas omettre les joints périphériques et de fractionnement.
  • Respecter les délais entre chaque étape et avant mise en chauffe d'un plancher.

A consulter

  • NF DTU 52-1 : Revêtements de sol scellés.
  • NF DTU 52-2 Partie 1-1-3 : Pose collée des revêtements céramiques et assimilés - Pierres naturelles.
  • NF DTU 26.2 : Travaux de bâtiment - Chapes et dalles à base de liants hydrauliques.
  • DTU 26.2/52.1 : Mise en œuvre de sous-couches isolantes sous chape ou dalle flottante et sous carrelage.
  • e-Cahiers du CSTB 3522, 3666, 3659, 3509, 3526, 3606, 3527, 3528, 3529 et 3530.

Parquet et risques liés à l'humidité

Constat

La sensibilité à l'humidité est la source principale des désordres qui affectent les parquets bois. 
Ils se traduisent par :

  • des gonflements ou retraits ;
  • le développement de champignons lignivores.

Diagnostic

Deux grandes causes peuvent être à l'origine de désordres liés à l'humidité :

  • la mise en œuvre prématurée du parquet dans des chantiers dont l'état ne le permet pas encore :
    • clos couvert non totalement assuré,
    • travaux de maçonnerie, carrelage, marbrerie intérieure, peinture non encore terminés,
    • support insuffisamment sec,
    • conditions d'équilibre hygrométrique du local non atteintes ;
  • la réhumidification du parquet en service, dont les causes peuvent être nombreuses :
    • fuite accidentelle,
    • remontée d'humidité dans le support,
    • défaut de maîtrise du taux d'humidité des locaux.

Dans les cas extrêmes où l'humidité dans le bois est maintenue au-dessus de 20 % pendant une longue période, il faut redouter une attaque par les champignons lignivores contre lesquels les parquets considérés en classe de risque 1 ne sont pas protégés.

Les bonnes pratiques

Rappel : Le bois est un matériau anisotrope dont le comportement à l'humidité est différent selon que l'on se place dans un plan tangent, radiant, longitudinal aux fibres.

À titre d'exemple, nous donnons ci-après les ordres de grandeur du retrait tangentiel et du retrait radial de différentes espèces :

Espèces

Retrait tangentiel (en %)

Retrait radial (en %)

Iroko

5,5

3,5

Framiré

5,5

3,7

Châtaignier

6,9

4,2

Noyer

8,1

6,0

Chêne

9,3

6,0

Pin maritime

9,0

4,5

Hêtre

12,3

6,0

  • Bien choisir les bois et s'informer des conditions de fabrication du parquet.
    Les différents DTU préconisent des bois stabilisés entre 7 et 11 % d'humidité afin de limiter les variations ultérieures.
    Certains fabricants disposent de lots dont l'état d'équilibre hygroscopique est stabilisé soit en partie haute, soit en partie basse de la fourchette, ce qui permet d'adapter au mieux le parquet aux conditions locales (bâtiment neuf, existant).
  • Surveiller stockage et transport avant pose.
    Toutes les précautions doivent être prises pour limiter les reprises d'humidité (emballage des lames, stockage dans un endroit sec et ventilé…).
  • Respecter les conditions de mise en œuvre
    • vérification systématique de l'humidité du support en utilisant l'essai normalisé de la bombe à carbure ;
    • clos couvert terminé, travaux de carrelage et peinture terminés ou mise en œuvre du parquet en dernière opération ;
    • installations de plomberie-chauffage réalisée et contrôle d'étanchéité effectué et concluant ;
    • stockage de parquet au préalable dans le local où il doit être posé ;
    • les conditions d'équilibre hygrométrique en usage du local doivent être atteintes lors de la pose du parquet (taux d'humidité des locaux).
  • Pendant l'utilisation, tenter d'amoindrir les conséquences des mouvements hygrométriques des bois
    Toutes les précautions doivent être prises pour éviter des amplitudes importantes du taux d'humidité des locaux.

L'essentiel

  • Adapter l'humidité des bois à celui qu'il aura à l'équilibre dans les locaux.
  • Prévoir des joints périphériques évitant le blocage du bois sur les structures.
  • Contrôler strictement les conditions de mise en œuvre du parquet.
  • Assurer des conditions d'utilisation évitant les fortes variations hygrométriques de l'air.

A consulter

  • NF DTU 51.1 : Parquets - Pose des parquets à clouer.
  • NF DTU 51.11 P1-1 : Pose flottante des parquets contrecollés et revêtements de sol à placage bois.
  • NF DTU 51.2 : Pose des parquets à coller.

Affaissement de carrelage

Désordre

Dans toutes les pièces le carrelage présente des fissurations anarchiques. Au droit de ces fissures le carrelage est légèrement affaissé.

Le bord de certaines fissures est épaufré et présente un risque de coupure pour les pieds nus et pour les jeunes enfants qui marchent à quatre pattes.

Diagnostic

La chape de mortier non armé ne mesure par endroit que 2cm d’épaisseur et repose sur un lit de sable non stabilisé de 4cm d’épaisseur. Cette chape est beaucoup trop fragile pour prendre appui sur un lit de sable aussi important. Sous le poids des personnes elle finit par se rompre et s’enfoncer dans le sable.

Préconisation

Il fallait respecter les prescriptions de la NF P 14-201 (DTU 26.2) Chapes et dalles à base de liants hydraulique. Cette norme n’admet la désolidarisation du support par lit de sable que si son épaisseur est de 2cm maximum, et uniquement dans les locaux à faible sollicitation tels que les logements.

Dans ce cas la chape doit avoir une épaisseur moyenne de 5cm sans être localement inférieure à 4cm.

Mais il aurait été préférable d’assurer la désolidarisation par un film de polyane. Il n’y aurait aucun risque d’affaissement du carrelage.

Apparition de mérule dans une salle de bain

Désordre

Des traces de moisissures sont apparues sur une cloison séparative entre une chambre et une salle d’eau.

Après dépose du receveur, des traces de mérule ont été constatées sur des tasseaux en bois situés sous la cloison séparative (3 calages ponctuels dans l’épaisseur de la chape et servant de calage à ladite cloison). L’armature de la cloison (procédé SCRIGNO) apparaît également fortement rouillée dans sa partie inférieure qui était en contact avec le receveur aujourd’hui déposé.

Diagnostic

Le désordre est dû à la présence d'une fissure sur la paillasse d’accès au receveur et à l'absence de joint en périphérie du receveur, à la jonction avec la cloison et la paillasse. L’attaque parasitaire (présence de mérule- pourriture cubique) s'explique par la présence de tasseaux bois de calage vraisemblablement porteur de spores à l’état latent qui sont réactivés par la présence d’eau en milieu confiné et à l’abri de la lumière.

Fort heureusement, le plancher de l’étage est en poutrelles-hourdis ce qui a permis de circonscrire l’attaque parasitaire dans le périmètre de la salle d’eau.

Préconisation

La présence d'un joint d'étanchéité entre la faïence sur la cloison et le bac à douche, ainsi qu’entre la paillasse carrelée et le receveur, est indispensable. Il faut respecter la NF P 40-20I (DTU 60.I) Plomberie sanitaire et le CPT Revêtement de murs intérieurs en carreaux céramiques (Cahier CSTB n° 3265).br/> Des documents tels que par exemple les avis techniques des SPEC, la fiche pathologie n° 31 de la Fondation Excellence ou les Règles FICS diffusées par l’Association Française des Industries de Céramique Sanitaire rappellent sans aucune ambiguïté la nécessité pour les carreleurs de prévoir un joint entre faïence et receveur de douche.

Carrelage sur chape fluide base ciment

Désordre

Fissuration d’un carrelage collé sur chape fluide base ciment, aux seuils des portes et angles sortant de la construction.

Diagnostic

Insuffisance des joints de fractionnement.

Préconisation

Respecter scrupuleusement les prescriptions de l’avis technique de la chape mise en œuvre. Notamment :

Ménager un joint périphérique sur l’épaisseur des carreaux sur l’ensemble du pourtour des pièces, y compris devant les baies vitrées.

Choisir une colle adaptée, dont la référence figure dans l’avis technique de la chape mise en œuvre. (Classe C2 ou C2S dans le cas de plancher chauffant à eau chaude, classe C2S dans le cas d’un plancher rayonnant électrique)

Ménager les joints de fractionnement requis (en général tous les 40m², aux passages des portes et aux angles saillants) dans la chape, sur l’épaisseur préconisée (bien souvent toute l’épaisseur de la chape, un simple tronçonnage après durcissement de la chape est souvent insuffisant). Poursuivre ces joints dans le revêtement, y compris aux passages des portes.

Carrelage sur plancher bois flexible

Désordre

Les maîtres d'ouvrage ont demandé la mise en place d'un carrelage dans leur salle de bains sans détérioration du plancher bois existant. La solution technique retenue a été la suivante: interposition de panneaux WEDI de 12 mm d'épaisseur, marouflage d'une fibre de verre, collage des carreaux et jointoiement avec du mortier souple. Les joints du carrelage s'effritent systématiquement malgré plusieurs tentatives de réparation.

Diagnostic

La légère flexibilité du plancher bois et les vibrations induites par les pas ne permettent pas de constituer un support suffisamment rigide pour que la pose d'un carrelage collé puisse être envisagée. La désolidarisation totale entre le parquet et les panneaux WEDI n'a pas permis une rigidification de l'ensemble. Les légers défauts de planéité entre lattes de plancher n'ont pas été compensés et ont été des facteurs supplémentaires d'efforts entraînant l'effritement des joints. Les carreaux restent bien adhérents malgré tout.

Préconisation

Proscrire l'idée de poser un carrelage collé sur un support souple.

Mettre en œuvre un revêtement de sol compatible avec les déformations inhérentes au plancher bois.

Chape fluide fissurée avant pose du carrelage

Désordre

Un applicateur agréé a mis en œuvre une chape fluide à base de sulfate de calcium (sous avis technique) fabriquée en centrale et livrée sur chantier en toupie. Lors du séchage, un faïençage de surface et apparue et surtout des fissures importantes se sont produites au passage d'une porte et à partir d'un poteau et d'une extrémité de cloison.

Diagnostic

Les fissures sont apparues aux points de faiblesse de la chape dans des zones où des renforts sont obligatoires. Les treillis en fibre n'ont pas été placés correctement et n'ont donc pas été efficaces

Préconisation

Respecter scrupuleusement les préconisations définies dans le dossier technique inclus dans le texte de l'avis technique. Nota: le mode réparatoire de ce type de fissures est également défini dans le dossier technique

Cloquage d'un revêtement de sol sportif

Désordre

Dans les années qui ont suivi l'achèvement des travaux quelques petites cloques sont apparues en revêtement de sol. Elles ne sont pas suffisamment importantes pour gêner sérieusement les utilisateurs, scolaires et sportifs amateurs, mais le maître d'ouvrage craint, à juste titre, une aggravation dans les années à venir.

Diagnostic

Le percement des cloques montrent qu'elles contiennent de l'eau. Cette eau ne peut provenir que du sol puisque le revêtement de sol en résine est étanche et c'est elle qui provoque les désordres. Il ne s'agit pas d'eau de gâchage du béton puisque le cloquage n'est pas apparu à bref délai après réalisation du revêtement de sol et n'est pas généralisé.

Le dallage est réalisé sur un film de polyane, conformément aux Règles Professionnelles en vigueur à l'époque des travaux, mais ce film ne constitue pas une étanchéité car il est constitué de lés non soudés entre eux.

Il n'y a pas de réseaux enterrés sous le dallage qui pourraient être fuyards

L'examen des abords immédiats du bâtiment révèle que les eaux de ruissellement à la surface du sol sont malencontreusement concentrées le long de la façade arrière. Et une canalisation d'EP, affleurante à la surface du sol, a été cassée et déverse ses eaux sur le sol.

Les eaux de pluies s'infiltrent dans les couches superficielles des sols extérieurs, migrent sous les longrines et se répandent dans les couches d'assise du dallage béton. Elles parviennent ainsi sur le film de polyane et remontent ensuite sous forme vapeur par les joints de retraits réalisés dans le dallage béton, jusque sous le revêtement de sol en résine. Là la vapeur se condense en eau, le gymnase étant peu ou pas chauffé.

Préconisation

Le bâtiment comportant un dallage sur terre-plein et un revêtement de sol étanche à la vapeur d'eau il convenait de prendre des dispositions pour qu'ils restent au sec.

Il fallait donc recueillir et évacuer les eaux de ruissellement des sols extérieurs, soit par des mouvements de sols appropriés soit par un drainage périphérique raccordé sur un puits d'infiltration.

Bien entendu les canalisations d'EP n'auraient pas dû être posées à la surface du sol, ou alors protégées des chocs.

Actuellement la NF P 11-213 (DTU 13.3) interdit la mise en œuvre de polyane sous dallage de ce type de bâtiment. La mise en œuvre de revêtements de sol étanches à la vapeur d'eau nécessite donc la réalisation d'une barrière étanche sur le dallage. Il convient de se référer aux cahiers des charges et aux normes DTU spécifiques au revêtement de sol posé. Les produits utilisés pour réaliser cette barrière étanche relèvent à ce jour de la procédure de l'Avis Technique.

Cloques sur revêtement de sols PVC dans une salle de sport

Désordre

Nombreuses cloques sur le revêtement de sol, concentrées sur la partie ouest de la salle.

Les sondages ont confirmé au droit des cloques la remise en humeur de la colle acrylique utilisée pour le collage du revêtement, ainsi que l'humidité du dallage sur terre-plein allant en décroissant quand on s'éloigne de la zone ouest.

Ce désordre est apparu en 2ème année et persiste depuis 4 ans.

Diagnostic

Les cloques sont dues à la vaporisation de l'humidité qui ne peut s'échapper du fait de la barrière constituée par le revêtement PVC. A la réalisation des travaux, le revêtement a bien été posé dans les conditions de siccité du support prévues au DTU (essais de bombe à carbure).

L'humidité contenue sous et dans le dallage est due à des apports extérieurs d'eau : le bâtiment est légèrement encaissé dans sa partie ouest, où les désordres sont concentrés, et les eaux de ruissellement sont ramenés vers le bâtiment sans drainage ; l'humidité permanente contenue sous le dallage migre dans celui-ci, malgré la présence du polyane règlementaire.

Préconisation

Du fait de la barrière étanche que constitue un revêtement PVC, il y avait lieu d'être vigilant sur l'absence d'humidité indispensable sous dallage ; il aurait fallu soigner l'environnement du bâtiment : altimétrie, écarter les eaux de ruissellement du bâtiment, prévoir un drainage.

Décollement carrelages 40x40

Désordre

Dans la cuisine du logement, le revêtement de sols collé en carrelages grés cérame 40 x 40 se décolle alors que les carrelages de format plus petit des autres pièces ne présentent pas de désordre.

Diagnostic

Le revêtement rigide en carrelages a été réalisé sur un support en ossature bois relativement flexible mais correctement dimensionnée.

Dans les zones de passage, les mouvements de flexion normaux du plancher bois entraînent une désorganisation, une fracture des joints de carrelages puis un décollement généralisé des carrelages compte tenu de:

- la taille trop importante des carrelages (40 x 40= 1600 cm²),

- l'insuffisance d'adhérence du carrelage sur le support (absence de mise en œuvre de mortier colle au dos des carrelages, absence de double encollage sur carreaux de grande surface).

Préconisation

Conformément au Cahier des Prescriptions Techniques 3529 du CSTB de juin 2005, limiter la surface des carrelages à 1100 cm² maximum (exemple: 30x30) compte tenu de la pose sur un plancher à ossature bois présentant une certaine "souplesse".

Conformément au Cahier des Prescriptions techniques 3267 du CSTB d'octobre 2000, réaliser impérativement une pose en double encollage (obligatoire pour carrelages d'une surface supérieure à 500 cm² collés avec un mortier colle certifié CSTB à consistance normale).

Décollement d'un carrelage collé sur chape à base de sulfate de calcium

Désordre

Décollements localisés des carreaux et effritement des joints d’un carrelage collé sur chape à base de sulfate de calcium.

Diagnostic

Incompatibilité de la colle à carrelage avec la chape au sulfate de calcium, mais aussi, avec la pose sur plancher chauffant.

Absence de joint souple sur l’épaisseur des carreaux en périphérie des locaux carrelés.

Préconisation

Le joint souple périphérique, réalisé sur la chape d’enrobage des tubes de chauffage, doit être poursuivi sur l’épaisseur des carreaux. Celui-ci ne doit pas être jointé au mortier, mais doit être calfeutré au moyen d’un matériau souple. Il a une épaisseur minimale de 5 mm.

La colle employée pour le collage des carreaux doit être adaptée à la pose sur chape au sulfate de calcium, dont les références figurent dans l’avis technique de la chape mise en œuvre. Elle doit également être adaptée à la pose sur plancher chauffant (Classe C2 ou C2S dans le cas de plancher chauffant à eau chaude, classe C2S dans le cas d’un plancher rayonnant électrique).

Décollement d'un carrelage extérieur

Désordre

Une terrasse extérieure est carrelée, avec carrelage 30x30, collé sur chape désolidarisée par polyane.

En rive, la chape de pose, d’épaisseur 3 à 5 cm, n’offre quasiment plus aucune résistance. Le revêtement se disloque.

Diagnostic

Altération de la chape sous l’effet des charges climatiques, du gel en particulier.

Préconisation

La dernière version du DTU 52.1 de Décembre 2003 a renforcée les prescriptions en matière de carrelage scellé en extérieur. Il impose notamment la réalisation d’un couche de désolidarisation drainante sous le mortier de pose, une forme de pente minimale de 1.5% sur le support, une épaisseur minimale du mortier de pose de 5 cm.

En rive le terrain naturel peut être arrêté avec un décrochement par rapport au niveau fini du revêtement, ou si le terrain naturel est positionné au nu fini du revêtement, une bande de gravillons de 15 cm de large minimum et 25 cm de haut minimum doit être interposée, séparée du terrain et de l'ouvrage par un non-tissé.

Décollement de peinture de sol

Désordre

Les propriétaires veulent réaliser un revêtement de sol dans le garage, la buanderie et la chaufferie situés au sous-sol de l'habitation, constitué d'un dallage en béton sain et exempt de désordre. L'entrepreneur propose d'appliquer une peinture polyuréthane après réalisation d'un ragréage. Quelques mois après l'application, le complexe cloque et se décolle.

Diagnostic

Les sondages effectués révèlent un taux d'humidité de 7% et montrent que le dallage support ne comprend pas de barrière de capillarité. L'humidité contenue dans le dallage, qui pouvait jusqu'alors s'évaporer et n'apparaissait pas dans les mesures superficielles effectuées avant travaux, se trouve bloquée par le revêtement réalisé, provoquant une poussée de celui-ci.

Préconisation

S'agissant d'une maison déjà ancienne, il convenait, au-delà des mesures superficielles, de procéder à des mesures au cœur du dallage, et à une reconnaissance du complexe sol support/hérisson/béton.

Décollement de revêtement de sol en dalles minces

Désordre

Dans l'ensemble des bureaux situés en rez de chaussée d'un immeuble les dalles de revêtement de sol en dalles minces se déforment cloquent et se décollent. Ces désordres compromettent l'utilisation normale des locaux.

Diagnostic

Compte tenu des délais très courts de réalisation du chantier les dalles minces ont été posées sur une dalle ciment lissée sans avoir respecté le délai de séchage de celle-ci. Les conditions du chantier, l'intervention en période pluvieuse et la présence d'un polyane en sous face de la dalle ont augmenté le délai de séchage de la dalle. Le contrôle de la siccité du support n'a été réalisé que partiellement et avec un testeur d'humidité ne révélant pas le taux d'humidité en profondeur.

La colle est restée poisseuse. Des cloques se sont formées en sous face du revêtement.

Préconisation

Il était nécessaire de laisser un temps de séchage suffisant pour obtenir un taux d'humidité au plus égal à 4%. Un essai à la bombe à carbure pour mesurer le taux d'humidité du support avant toute intervention était indispensable. .

Décollement de revêtement plastique

Désordre

Plusieurs mois après mise en œuvre du revêtement un cloquage un peu particulier s'est manifesté.

Effectivement, les cloquages sont linéaires et suivent une trame bien précise.

Les désordres ne sont pas généralisés mais se limitent à une zone de circulation.

Diagnostic

Le revêtement posé est de type lés en plastique. Il a été posé directement sur le revêtement existant de type dalles amiantes elles-mêmes posées à l'origine du bâtiment sur support dallage béton.

Le bâtiment est construit dans une zone dont les terrains avoisinants sont régulièrement inondés.

La hauteur de la nappe phréatique est variable et peut avoisiner le dallage réalisé.

Les désordres témoignent en fait d'une remontée capillaire par le dallage béton. La migration d'eau s'est poursuivie par les joints non étanches de l'ancien revêtement constitué de dalles, ces dalles étant par contre parfaitement étanches. Les soulèvements se sont donc produits uniquement au droit de ces joints laissant ainsi apparaître le spectre de l'ancien revêtement.

Préconisation

Les investigations préalables à la pose sur l'ancien revêtement se sont limitées à l'examen de

bonne tenue de cet ancien revêtement. S'agissant de dalles comportant de l'amiante, il pouvait être effectivement judicieux de les confiner plutôt que de les décoller. Mais si ce type de revêtement ancien a pu résister aux remontées capillaires en permettant la migration de vapeur d'eau par ces nombreux joints sans subir de désordre apparent, le comportement des lés soudés complètement étanches ne peut effectivement pas être le même. Un examen plus profond de l'ensemble du support aurait donc dû être fait au préalable ainsi qu'une recherche locale concernant les fluctuations de nappe phréatiques ou autres type d'apport d'eau par le dessous du support.

Décollement de sol souple

Désordre

Des cloques sont présentes sur le revêtement linoléum dans chaque pièce du bâtiment à des endroits très localisés qui correspondent à d'anciens sondages (forages en vue de consolider le plancher) effectués à travers le plancher hourdis préalablement à la mise en œuvre du revêtement de sol.

L’amplitude des cloques est de nature à rendre l’ouvrage impropre à sa destination.

Diagnostic

Le support en béton apparaît très humide au toucher (le détecteur d'humidité donne par ailleurs en surface une humidité de 40 %) et le ragréage est décomposé.

En cours de chantier, un béton avait localement été injecté (à travers divers trous traversant le plancher poutrelles-hourdis) dans le vide sanitaire en consolidation du plancher (qui montrait une flexion excessive).

Aucune arase étanche (couche anticapillaire) n’a été disposée pour empêcher des remontées d’eau par ces trous de forage (eau du béton d’injection ou eau du sol environnant), comme le stipule pourtant le § 4.1.1.4 du DTU 53.2 et la sous-face du plancher n'est plus ventilée.

Préconisation

S'assurer avant la pose du revêtement de sol que le support n'est pas susceptible d'exposer le revêtement à des remontées d'humidité sous quelque forme que ce soit (conformément notamment aux recommandations du § 4.1.1.4 du DTU 53.2). Ne pas accepter un support dont les caractéristiques ne sont pas conformes à ce qu'elles devraient être.

Décollement de sols sportifs sur PVC enrobé

Désordre

Un revêtement de sol a été mis en œuvre sur un support existant constitué d'un enrobé à liant bitumeux de 3 à 4cm d'épaisseur sur un dallage béton.

Le revêtement posé est constitué de lés PVC soudés pour un usage sportif.

Une année plus tard quelques cloquages sont apparus. Ces cloquages se sont rapidement généralisés et aggravés les mois suivants. L'amplitude verticale de ces cloquages dépasse aujourd'hui le cm.

Diagnostic

Des sondages destructifs ont été nécessaires pour déterminer l'origine de ces décollements.

Des premiers essais ont permis de vérifier le lieu de décollement de ces parties boursoufflées et les premières analyses sur le dommage.

En fait, la rupture au soulèvement des lés PVC ne s'est pas effectuée au niveau des produits mis en œuvre par l'entreprise (ragréage, collage d'ailleurs compatibles avec le type de support à base de bitume) mais dans l'épaisseur de l'enrobé existant.

Les essais réalisés sans apport d'eau ont permis de plus de constater une forte humidité dans ce support, présence d'humidité expliquant là encore les soulèvements sous l'effet des poussées par la pression de vapeur sous le revêtement complètement étanche.

Les carottages effectués ont permis de confirmer cette rupture dans l'épaisseur de l'enrobé et l'absence de traitement particulier contre les remontées capillaires. Le béton existant est apparu par ailleurs hétérogène en qualité et épaisseur. Quant à l'enrobé il est également très hétérogène dans son épaisseur : la teneur en liant bitume et la répartition des granulats apparaissant très irrégulière dans l'épaisseur et notamment au niveau des plans de décollements.

Préconisation

Compte tenu de la succession dallage béton et enrobé auparavant largement ventilé, il est probable qu'à la pose de son revêtement, l'entreprise n'a pas constaté d'humidité anormale au niveau de la partie la plus proche de son support, l'enrobé.

Le délai d'une année démontre que l'humidification du support directement sous le PVC a été lente et que l'état à la pose du support direct du PVC pouvait effectivement apparaitre "sec".

Ce dommage est une nouvelle illustration de la difficulté d'intervenir "en aveugle" sur un support ancien et mal connu.

Pour éviter ce type de mauvaise surprise, des diagnostics techniques préalables complets devraient être systématiquement prévus par la maîtrise d'ouvrage et la maîtrise d'œuvre et réclamés par les entreprises.

Désagrégation d'un plancher bois sous un revêtement plastique

Désordre

Le plancher bas d'une zone bureaux-sanitaires aménagée dans un bâtiment industriel présente des déformations excessives associées à l'affaissement de certaines cloisons modulaires et interdisant la fermeture des portes de communication entre locaux.

Ponctuellement, en partie courante, il semble ne pas y avoir de support sous le revêtement de sol plastique, ce qui à court terme présente un danger pour les utilisateurs des locaux.

Diagnostic

La zone aménagée repose sur un plancher bois constitué de solives en sapins posées directement sur le dallage existant du bâtiment industriel et de panneaux de particules CTBH, le tout recouvert en partie supérieure, sur la totalité de la surface par un revêtement plastique à joints soudés.

Ce revêtement "étanche" s'oppose aux échanges hygrothermiques entre les locaux et le plénum constitué en dessous du plancher soumis aux remontées capillaires de vapeur d'eau du sol, et entraîne la désagrégation accélérée des panneaux de particules.

Préconisation

En application des prescriptions techniques de la norme NF P 63-203-1 (DTU 51.3), le constructeur aurait dû mettre en œuvre un écran pare-vapeur d'interposition entre le corps de dallage existant et le plancher en bois rapporté et surtout réaliser une ventilation efficace sur toute la périphérie de la zone aménagée afin d'éviter toute stagnation de vapeur d'eau en sous face du plancher.

Disjonction de lames de parquet bois

Désordre

Quelques semaines après sa mise en œuvre (en période hivernale), les lames de parquet en pin maritime, posées sur lambourdes, constituant le revêtement de sol des chambres d'une maison individuelle montrent une disjonction irrégulière, atteignant par endroits 6mm, localement accompagnée d'une rupture des languettes, générant l'apparition d’échardes fortes nuisibles au confort d'utilisation.

Diagnostic

Le parquet a été mis en œuvre à un taux d'humidité supérieur de 6% à son taux d'équilibre définitif.

Le retrait normal du bois, estimé à 1,8mm/lame, a été contrarié par l'effet collant d'un vernis appliqué prématurément, entrainant la solidarisation de certaines lames, le report du retrait sur certains joints (3x1,8 = 5,4mm), et la rupture par traction de certaines languettes.

Préconisation

A la mise en œuvre :

- s'assurer que les locaux présentaient les caractéristiques requises (DTU 51.1, §3.1.4.2),

- s'assurer que le bois présentait un taux d'humidité compatible avec celui de son état d'équilibre définitif.

Après la mise en œuvre :

- attendre pour effectuer la vitrification que le bois ait atteint son état d'équilibre.

Dislocation de carrelage en site industriel

Désordre

Le carrelage scellé dans l'allée de circulation des chariots élévateurs à proximité de l'embouteilleuse à jus de fruit est totalement désagrégé en deux endroits. Les joints antiacides ont disparus en de nombreux endroits. Le mortier de pose du carrelage est "lavé" de tout liant.

Diagnostic

Le revêtement de sol est le siège d'écoulement quasi permanent de liquides particulièrement agressifs (eaux de lavage chargées de soude caustique). Les joints de carrelage n'ont pas résisté à l'agression chimique et se sont désagrégés, permettant l'attaque du mortier de pose.

Préconisation

Définir précisément, en collaboration avec l'industriel, le cahier des charges du revêtement de sol en caractérisant l'agressivité des liquides répandus et choisir un revêtement adapté à ce cahier des charges.

Ecrasement d'une forme sèche

Désordre

Dans le logement aménagé dans les combles, le plancher neuf s'affaisse de manière importante provoquant la déstabilisation du mobilier "fixe" du coin cuisine. Le ballon d'eau chaude en appui sur ce plancher a bougé, provoquant un dégât des eaux par rupture de canalisation.

Il est constaté que le plancher neuf s'est affaissé de plus de 50mm au droit du ballon d'eau chaude.

Diagnostic

Dans le cadre des travaux de rénovation un plancher flottant a été réalisé afin d'apporter une isolation phonique vis à vis du logement de l'étage inférieur et pour compenser des dénivellations.

Il est constitué d'une forme en vermiculite exfoliée bituminée mise en œuvre sur le plancher ancien en bois, Sur cette forme un plancher en panneaux de particules CTBH de 22mm d'épaisseur, assemblés par rainures et languettes, a été posé librement. Le tout est recouvert d'un revêtement souple en lés de PVC.

Ce type de forme à base de vermiculite est très compressible.

Ici le ballon d'eau chaude de 150Kg environ repose directement sur le plancher neuf et la forme à base de vermiculite. Son poids, qui plus est localisé à un angle de la pièce, a provoqué un écrasement par tassement localisé de la forme à base de vermiculite.

Préconisation

Pour éviter la survenance de ce désordre 3 solutions étaient envisageables.

Soit poser le ballon d'eau chaude sur des supports fixes reposant directement sur le plancher d'origine. Mais cela induit des ponts phoniques entre les logements superposés.

Soit suspendre le ballon d'eau chaude à une paroi solide. Mais ici la cloison, de type alvéolaire, est trop faible.

Soit placer le ballon d'eau chaude ailleurs.

La réalisation de ce type de chape sèche doit respecter le chapitre 5.5 de la NF P 63-203-1-1 (DTU 51.3) Plancher en bois ou en panneaux à base de bois. Il précise à propos de ce type de plancher flottant : "Ils n'assurent pas par eux même la fonction porteuse...." Et : " ...Les emplacements de baignoires doivent être situés en dehors du plancher flottant..." (en effet une baignoire pleine d'eau pèse lourd)

Fissuration de carrelage collé sur chape fluide

Désordre

Réseau important de fissures dans les différentes pièces.

Diagnostic

Le carrelage a été collé sur une chape fluide à base de ciment, elle-même dissociée du plancher poutrelles hourdis par un polyane de désolidarisation.

Des fissures correspondent exactement au passage des gaines électriques dans la chape.

D'autres fissures se retrouvent en milieu de travée dans une zone où la chape n'a pas fléchi autant que le plancher lui-même, ce qui génère un vide entre la chape et le plancher.

Préconisation

Un ravoirage incorporant les gaines aurait permis de respecter l'Avis Technique de la chape et évité la fragilisation du mortier à cet endroit.

Il aurait fallu également rigidifier beaucoup plus le plancher pour que sa déformation reste très inférieure aux limites fixées par le CPT des revêtements de sols intérieurs collés. Dans ces conditions, le plancher et la chape auraient pu fléchir ensemble sans se dissocier.

Fissures sur carrelage en pose scellée

Désordre

Le carrelage est posé en pose scellée (épaisseur chape de 7 cm environ) , sur un plancher hourdis porté par les fondations. Il a une orientation diagonale par rapport aux doublages extérieurs.

Nous constatons 3 fissures principales affectant le sol carrelé et débutant à partir du poteau du séjour , de longueurs respectives 85 cm, 105 cm et 140 cm. Une fissure présente un désaffleurement incontestable au toucher (avec risque de coupure si la pression du doigt est insistante).

Diagnostic

Il n'y a pas de joint de fractionnement au droit des seuils (porte séjour / cuisine + porte séjour / entrée). Par ailleurs, il n'y a pas de désolidarisation en périphérie du poteau central du séjour

Les fissures sont symptomatiques d’un phénomène de retrait de la chape, gêné par la présence du poteau du séjour.

Préconisation

Il est nécessaire de respecter les joints de fractionnement du revêtement (y compris aux seuils) tels que prévus par le DTU 52.1 (§6.7.3) ainsi que les joints périphériques (et notamment au droit du poteau central du séjour) tels que précisés par le DTU 52.1 (§6.7.4)

Fissures sur chape dans un magasin

Désordre

La chape (finition lissée) rapportée sur un plancher béton est affectée d'un important réseau de fissures dont l'ouverture peut avoisiner localement 1cm, sans qu'il soit constaté de désaffleurement notable.

La distribution des fissures relève d'un phénomène assez généralisé.

Diagnostic

Il n'est pas constaté de mouvement anormal du support. En revanche la surface de la chape est de 373 m2 et il n'est prévu aucun joint de fractionnement, contrairement aux prescriptions du DTU 26.2.

Cette absence de joints est très néfaste vis-à-vis du retrait qui apparaît rapidement et s'exprime par des fissures libérant les contraintes.

L'épaisseur de 3cm de la chape est par ailleurs faible au regard des charges annoncées.

Le dosage de la chape est également insuffisant.

Préconisation

L'article 3.4.1.5 du DTU26.2, relatif aux chapes rapportées adhérentes prévoit des joints de fractionnement disposés tous les 25m2 et au plus tous les 8m.

L'article 3.3.1 de ce même DTU précise par ailleurs que le dosage de la chape aurait dû être de 350kg de ciment PORTLAND et au moins égal à celui du béton du support.

Glissance excessive d'une peinture de sol en parking

Désordre

Pour améliorer l'esthétique du packing semi enterré d'un centre commercial, le sol a été recouvert d'une peinture de sol. Par temps de pluie, les gens glissent.

Diagnostic

Bien que la peinture choisie ait été prévue pour un usage en parking, les quantités d'eau amenées par les parties ouvertes de la construction et par les voitures elles-mêmes génèrent des flaques au sol. La glissance ne se produit que lorsque l'on a juste un mince film d'eau. L'état de surface du sol et le produit lui-même n'étaient pas adaptés à la configuration des lieux

Préconisation

Une rugosité plus forte aurait dû être obtenue soit par le support au départ, soit par la peinture elle-même pour réduire le phénomène de glissance sur sol mouillé.

Infiltration sous douche à l'italienne

Désordre

Les travaux ont consisté en l'aménagement de deux salles de bains dans des appartements existants.

Du fait de l'exiguïté et de la configuration des locaux, l'entreprise a réalisé des douches à l'italienne ou similaire, sans receveur de douche. Le support est le plancher bois d'origine, avec forme de pente en béton allégé.

Des infiltrations se sont produites après 2 ou 3 ans dans les locaux situés en dessous, essentiellement par l'ouverture de joints et fissures dans les angles, mais aussi probablement par les siphons.

Diagnostic

Les infiltrations sont dues à l'absence d'étanchéité sous le carrelage, indispensable pour ce type de douche ; d'autant que le support plancher bois est très souple et favorise la création de fissures comme celles constatées.

Préconisation

Il aurait fallu mettre en œuvre une réelle étanchéité sous carrelage, avec les relevés indispensables en pied de cloisons.

 Sur un plancher bois, existant qui plus est, la réalisation d'une étanchéité nécessite :

- d'assurer préalablement la parfaite stabilité du support ;

- le choix d'un procédé compatible avec ce support ;

- le parfait traitement de tous les points singuliers, y compris le seuil de porte. C'est un ouvrage à haut risque.

Retrait irréversible d'un parquet bois

Désordre

Dans les deux salles de danse de 130 m² chacune, les lames de parquet massif en hêtre 23 x 90 posées avec double lambourdage se sont brusquement rétractées, créant des interstices allant de 2 à 5 mm entre lames.

Diagnostic

La régulation automatique des centrales de traitement d'air n'a pas fonctionné correctement. La température relevée dépassait 27°C et l'hygrométrie ambiante était de l'ordre de 20 %. Il a été impossible de mesurer la teneur en eau des lames de parquet (moins de 5%). Ces conditions ont généré cette importante dessiccation.

Préconisation

Maintenir des conditions de température proches de 19°C et surtout une humidité relative de l'air proche de 50 % comme le rappelle la NFP 63-201.1 (DTU51.1)

Soulèvement de carrelage

Désordre

Dans le séjour le carrelage se décolle et se soulève. Il arrive que cela se produise brutalement avec un bruit de détonation.

Diagnostic

Dans le cas présent, on observe une insuffisance d'encollage des carreaux et par endroit une perte d'adhérence à l'interface colle / support. Défaut de préparation du support, mal nettoyé, et insuffisance de colle au dos des carreaux ou battage insuffisant.

Préconisation

Respecter les prescriptions du C.P.T. d'exécution des Revêtements de Sols Intérieurs et Extérieurs en Carreaux Céramiques ou Analogues Collés au Moyen de Mortiers-Colles (GS n°13 du CSTB) : préparation soignée du support et encollage sur toute la surface des carreaux.

Soulèvement de parquet collé

Désordre

Le parquet en bois contrecollé en chêne posé par collage en plein sur un dallage béton dans une salle de gymnastique en sous-sol d'un bâtiment présente de nombreux soulèvements localisés allant jusqu'à déboiter les lames adjacentes.

Diagnostic

Les mesures faites dans des prélèvements du béton de dallage montrent un taux d'humidité excessif dans le support du parquet. Les mesures faites au moment de la pose montraient un taux d'humidité acceptable. Par ailleurs, le dos des lames soulevées montre un déficit de colle.

Préconisation

Prémunir le béton support du retour d'humidité prévisible de par la situation enterrée du local par la réalisation d'un vide sanitaire ventilé par exemple et complémentairement effectuer l'encollage en respectant les durées d'utilisation de la colle (temps ouvert ) pour obtenir un collage en plein des lames

Soulèvement de parquet flottant

Désordre

Le plancher stratifié (plancher flottant stratifié clipsé sans colle - épaisseur 7 mm - avec une sous- face mousse sur une surface de l’ordre de 45 m²) présente en divers endroits des relèvements (désaffleurements entre lames), ainsi que des épaufrures localisées en abouts de lames.

Les désordres les plus marquants sont en règle générale situés au droit des passages les plus fréquentés.

Diagnostic

1) -Aucun polyane n’a été disposé sur le support, contrairement aux prescriptions du fabricant.

2) - Aucune information sérieuse sur la mise en chauffe n'a pu être communiquée.

Le fabricant impose une température maximale du sol à 18°C, un temps d’attente de 24 h minimum après la pose du sol avant redémarrage du chauffage par étapes de 5°C.

Il n’est pas exclu de penser que ces conditions n’ont pas été respectées car les travaux ont eu lieu en période hivernale et la réception a suivi de peu la fin des travaux.

Préconisation

Respecter le Cahier des Charges du fabricant pour la pose d'un sol stratifié sur un chauffage par le sol.

Disposer systématiquement un polyane sur le support pour prévenir des risques de remontées d'humidité.

Soulèvement de parquet massif collé et de son support

Désordre

Peu de temps après la livraison intervenue au mois de février, le parquet a commencé à se déformer. Six mois après, on pouvait mesurer 13 cm de soulèvement. Non seulement les lames de parquet se sont soulevées et parfois fendues, mais le support lui-même s'est également déformé.

Diagnostic

Le parquet a été collé sur un plancher existant constitué de panneaux en aggloméré de bois de qualité normale, fixés sur des solives en sapin, elles-mêmes posées à l'aide de cales sur des plots de pierre calcaire. Ce plancher constituait la fermeture d'un vide sanitaire non ventilé.

Le remplacement du parquet s'est effectué à la fin du chantier.

La proximité de la livraison a incité l'entrepreneur à coller directement le nouveau parquet sur le support dégagé sans procéder à des investigations sur la nature du plancher et du vide sanitaire, leur compatibilité avec le nouveau parquet et le type de pose choisi.

L'ancien parquet était désolidarisé de son support. Ce mode de pose avait permis de maintenir la régulation de l'hygrométrie des panneaux et évité les déformations. La mise en chauffe des pièces à une température élevée (>à 25°C) a aggravé le sinistre.

Préconisation

A défaut d'avoir réalisé des sondages avant les travaux, la mise à jour d'un plancher en aggloméré de bois aurait nécessité un arrêt temporaire du chantier le temps de mener quelques vérifications indispensables. L'inspection du vide sanitaire et du plancher lui-même aurait montré que les plaques d'aggloméré ne pouvaient être conservées en l'état (DTU 51.3) et que la pose collée d'un nouveau parquet sur un tel support ne pouvait être envisagée (DTU51.2).

Tuilage d'un parquet de scène

Désordre

Une entreprise a réalisé la pose flottante d’un parquet contrecollé en 21 mm d’épaisseur à parement bois de 6 mm de couche d’usure (essence chêne).

Le parquet (dont le vernissage a été prévu en usine) est assemblé par rainures et languettes. Il repose sur une sous-couche de 3 mm et un polyane de 200 microns disposé sur une dalle béton.

Nous constatons sur la scène quelques zones où apparaissent des défauts de planéité : légers tuilages des lames.

Les flèches mesurées excèdent 1 mm sur une distance de 20 cm.

Les tolérances de planéité évoquées au § 9 du DTU 51.11 sont ainsi dépassées à certains endroits.

Diagnostic

Plusieurs causes ont été mises en évidence :

- mise en butée partielle du parquet sur sa périphérie en raison d’une insuffisance de joint de dilatation ! Des trous traversant le parquet témoignent de la présence de fixations de fauteuils en bordure de scène. Ces fixations bloquent les libres mouvements du parquet.

 - mise en œuvre du parquet sur un support insuffisamment sec et dans des conditions hygrométriques de mise en œuvre défavorables. La présence d’un polyane n’est par ailleurs pas suffisante pour empêcher les remontées d’humidité provenant du dallage.

- compressibilité de la sous-couche vraisemblablement trop élevée, donnant localement une légère impression de flottement.

Préconisation

Respecter la NF PG3-204-1-1 (DTU 51-11 P1-1) Parquets et revêtements de sol qui impose que l’humidité du support béton n'excède pas 3 % de la masse sèche lors de la pose (et les délais de séchage pour un dallage peuvent être de plusieurs mois…). Les conditions hygrométriques de mise en œuvre doivent être comprises entre 40 % et 65 % d'HR.

La température des locaux et du support doit être supérieure à 15°C.

Vérifier également la compressibilité de la sous-couche: sa déformation doit être inférieure à 2.5mm sous 40 kPa (suivant § 5.4.1.1 du DTU 51.11).

 Prévoir un jeu de dilatation disponible à l'endroit de chaque obstacle rencontré par le parquet (suivant l § 8.2 du DTU 51.11)

Vision du spectre de bords de panneaux et de vis sur revêtement de sol plastique

Désordre

Le maître d'ouvrage signale, dans le cadre de la garantie de parfait achèvement des constructeurs, que l'on voit trop distinctement le spectre des bords des panneaux et des emplacements des vis sur un revêtement de sol plastique collé en lés.

Diagnostic

Le support est constitué de panneaux d'aggloméré de bois rainurés bouvetés et vissés sur des solives existantes conservées avec des lambourdes de redressement.

Le revêtement de sol a été collé après application d'un fixateur et d'un ragréage fibré.

Alors que l'on aurait dû trouver un primaire d’environ 1 mm d'épaisseur et un enduit de préparation de 3 mm d'épaisseur (suivant les préconisations du fabricant), l'épaisseur totale du primaire et de l'enduit n'excède pas 2 mm. Dans ces conditions, les points singuliers tels que les bords de panneaux et les têtes de vis deviennent visibles.

Préconisation

Il aurait fallu respecter scrupuleusement les quantités minimales de primaire et d'enduit prescrites par le fabricant.

Il aurait également fallu se référer précisément au DTU 53.2 - §7.2 pour apprécier la réalité du désordre invoqué par le maître d'ouvrage en examinant le revêtement de sol dans les conditions décrites (éclairage non rasant, hauteur 1.65m, distance 2m).

 

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