Enduits extérieurs

Fiches pathologie

Dégradation des lasures et peintures sur menuiseries extérieures en bois

Dégradations des revêtements d'imperméabilité de façade

Désordres des enduits monocouches

 

Fiches détails

Attaque parasitaire (mérule) après rénovation de façade

Chute d'enduit

De la nécessité d'enduire une surface continue

Décollement d'enduit monocouche décoratif

Effritement d'un rejointoiement de mur en moellons

Enduit en Mortier Plâtre et Chaux, ou MPC, au droit d'héberges et de souches

Enduit hydraulique projeté dégradé

Enduit monocouche décollé sur support non adapté

Enduit sur support peint

Enduits en plâtre

Fissuration d'enduit monocouche

Fissuration et chute d'enduit

Fissuration horizontale d'enduit

Gonflement de mortier plâtre et chaux (MPC)

Reprise d'enduits plâtres en façades

 

Fiches pathologie

Dégradation des lasures et peintures sur menuiseries extérieures en bois

Constat

Les désordres affectant les peintures et lasures peuvent se manifester sous plusieurs formes : cloquage, écaillage, tachage et sensibilité à l'eau (ramollissement et déformation du film).

L'observation des interfaces de décollement (côté peinture ou lasure et côté subjectile) permet souvent d'en identifier les causes.

Diagnostic

Cloquage

Pour qu'il y ait formation d'une cloque, il faut qu'un liquide se vaporise sous le film de peinture. Il peut s'agir de produit solvant ou d'eau.

Si le cloquage se produit dans les heures ou les jours qui suivent des travaux effectués par temps chaud et sec, il peut s'agir d'une application trop généreuse. Le film sèche en surface et bloque l'évaporation du solvant à cœur. Sous l'effet de la chaleur, les vapeurs de solvant exercent une pression qui déforme le film encore souple.

Si le cloquage est un peu différé, il peut s'agir d'une application sur un support trop humide ou sur un bois exposé grisaillé et insuffisamment poncé avant peinture. On voit alors, à l'arrière de la cloque, quelques microns de lignine dégradée incapable de résister aux tensions engendrées à l'interface bois-peinture, et/ou aux variations dimensionnelles du bois.

Le même phénomène existe pour les lasures satinées dès lors qu'elles sont filmogènes.

Écaillage

Ce phénomène se rencontre généralement lors d'une rénovation avec conservation des anciennes peintures. Le décollement se produit à l'interface bois/ancienne peinture, car celle-ci n'a plus suffisamment de souplesse pour résister aux tensions engendrées par l'application de la nouvelle peinture (lavage donc gonflement, séchage donc retrait, mise en tension permanente).

Le même phénomène peut se produire avec des bois exotiques neufs ou du chêne. La bonne adhérence de la peinture est conditionnée par un minimum de pénétration de la première couche : or, elle n'est pas toujours suffisamment diluée, afin de faire le chantier en deux couches et non en trois, comme le demande pourtant le DTU 59.1.

Tachage avec ramollissement et cloquage par temps de pluie

Un décapage d'anciennes peintures par bain alcalin (soude ou potasse) est à l'origine de taches brunâtres au droit des gerces et des assemblages. Malgré les rinçages, des bois de qualité médiocre, avec des assemblages trop lâches, ont absorbé tellement d'alcalis qu'il en réapparaîtra toujours.

La plupart des peintures pour bois sont à base de liants glycérophtaliques, ou plus généralement alkydes sensibles à la saponification ou à l'hydrolyse (en présence d'un subjectile humide), ce qui peut conduire à la dégradation du liant.

Rebouchages

En extérieur, les rebouchages ne sont pas recommandés, compte tenu des variations constantes dimensionnelles des pièces de bois. Dans le cadre d'une rénovation, le maître d'ouvrage doit donc accepter de voir les gerces ou faire procéder au remplacement de pièces trop abîmées.

Les bonnes pratiques

Nature des bois

Prendre en compte la spécificité des subjectiles pour les travaux de préparation et le choix du système de peinture :

  • les lasures sont déconseillées sur les bois feuillus durs (frêne, orme) et sur supports alcalins (panneaux à liant phénolique) ;
  • les bois à sécrétion antisiccative, tels que l'iroko, le frêne et l'orme, nécessitent une impression spéciale ;
  • les bois à pH acide peuvent présenter des défauts de finition et provoquer des coulures dues à l'oxydation des fixations (Western Red Cedar).

Humidité

Réaliser les travaux sur bois secs. Lors de la mise en œuvre, l'humidité doit être inférieure à 18 % pour les bois massifs exposés aux intempéries, à 12 % pour les panneaux et lambris.

Assemblages

Le menuisier doit concevoir des assemblages qui ne se transforment pas en pièges à eau.

État de surface

Préparer correctement les bois restés plusieurs mois à l'extérieur sans protection. Il faut soigneusement les poncer, et pas seulement les brosser, pour éliminer la lignine dégradée en surface par le rayonnement U.V. solaire (cette dégradation se traduit par le grisaillement du bois). Certains bois exotiques doivent être dégraissés.

Couleurs

Privilégier les teintes claires, qui ont une meilleure longévité. Et si elles farinent autant que les teintes foncées, le phénomène est moins visible.

Choix des revêtements

S'assurer impérativement auprès du fabricant que les primaires et finitions sont bien adaptées aux travaux prévus : neuf ou rénovation, essences de bois…

Mise en œuvre

Se conformer au DTU 59.1. Il impose une couche d'impression, une couche intermédiaire et une couche de finition, appliquées à la brosse en « tirant » la peinture avec une dilution correcte pour les deux premières, et un léger ponçage entre chaque. Cette méthode est un gage de longévité et de qualité d'aspect.

L'essentiel

  • Adapter le choix du produit à l'essence de bois.
  • Appliquer la peinture dans le respect du DTU, et selon les prescriptions du fabricant, pour ce qui concerne le nombre de couches, les dilutions et l'épaisseur (pas de surépaisseur).
  • Réaliser les travaux dans des conditions météorologiques adaptées, entre 5 et 30 °C, sans pluie ni vent sec, avec un taux d'humidité relative de l'air ambiant inférieur à 18 %.

A consulter

  • DTU 59.1 : Travaux de peinture des bâtiments.

 

Dégradations des revêtements d'imperméabilité de façade

Constat

Les dommages relatifs aux dégradations des revêtements organiques d'imperméabilité de façades, relevant de la norme NF DTU 42.1, peuvent se classer en trois groupes principaux :

  • Les dommages à caractère esthétique : encrassement, salissures. Ils concernent souvent les anciennes résines de type thermoplastique ;
  • Les dommages d'origine mécanique : fissuration, cloquage ou décollement du revêtement ;
  • Les dommages liés à une prescription erronée : le revêtement d'imperméabilité inadapté peut générer des désordres de type condensation à l'intérieur d'un logement mal ventilé, s'il recouvre un film préexistant peu microporeux.

Diagnostic

Les dommages à caractère esthétique

Les premières générations de résine, (thermoplastique), ont donné lieu à des désordres. Le film s'encrassait et fixait la pollution atmosphérique. Des traces noires étaient alors visibles sur la façade, le long des lignes de ruissellement préférentielles. Les coulures apparaissaient à la jonction entre deux couvertines coiffant un acrotère ou une tête de mur, en extrémité d'appuis de fenêtre. Ces désordres ont pratique­ment disparus avec l'arrivée des nouvelles résines de type photo-réticulable.

En revanche, il n'est pas rare d'apercevoir les bandes marouflées dans la résine le long des fissures coupant la façade. Ce phénomène apparaît à la longue, avec l'usure du film. Il peut aussi résulter de la migration du plastifiant  du produit de rebouchage des fissures à la surface de la façade. La pollution se fixe alors sur cette zone.

De même, si le film manque d'épaisseur, les irrégularités du gros œuvre apparaissent en « lumière rasante ». Il ne faut pas hésiter à mettre en œuvre un revêtement structuré, plus épais.

Les désordres d'origine mécanique

  • Les fissures de la maçonnerie
    Les fissures de la maçonnerie ancienne réapparaissent lorsque le système d'imperméabilité a été mal choisi ou appliqué en épaisseur insuffisante. Ainsi, la résistance du revêtement est inadaptée aux fissurations rencontrées.
    Un revêtement d'imperméabilité peut se fissurer, cloquer ou se décoller s'il est appliqué sur un support qui vient à se fissurer. Il faut traiter les fissures avant application d'un revêtement d'imperméabilité.

Cloquages et décollements

  • Cloquages et décollement
    Les cloquages apparaissent sur des supports trop humides à l'origine ou humidifiés après réalisation des revêtements, à la suite d'arrivées d'eau intempestives :
    • fuite en terrasse (défaut d'étanchéité);
    • absence de protection en tête de mur ou d'acrotère ;
    • traitement partiel, le film est « contourné » ;
    • fuite de canalisation encastrée dans les murs.

Les revêtements sombres qui emmagasinent la chaleur du soleil sont un facteur aggravant. En effet, l'élévation de la température génère des phénomènes d'évaporation de l'eau dans la paroi et des pressions hydrostatiques sous le revêtement.
Les cloquages peuvent également se manifester au droit des points singuliers de l'ouvrage.

Les dommages consécutifs à une prescription erronée

Appliquer un revêtement d'imperméabilité sur les façades d'une maison mal isolée et mal ventilée peut conduire à des désordres. L'air intérieur va se condenser sur les ponts thermiques et engendrer des moisissures. Le revêtement réduit la diffusion de la vapeur d'eau à travers les parois, et cela peut entraîner des phénomènes de condensation côté intérieur, mais aussi un déplacement du point de rosée à l'intérieur des murs.

Il ne faut pas appliquer un revêtement d'imperméabilité sur une façade en mauvais état (avec des fissures évolutives).

Les bonnes pratiques

Porter une attention particulière à :

  • la reconnaissance du support et d'anciens revêtements, étape essentielle : le NF DTU 42.1 impose dans certaines situations de décaper tout revêtement organique préexistant, ou à défaut de procéder à une étude préalable. Supports humides : le traitement est proscrit, par exemple sur des murs de soutènement soumis à la pression de l'eau, en pied de murs ;
  • la préparation du support et le choix du système adapté : systèmes I1 - I2 - I3 - I4 (choisis notamment en fonction de la largeur des fissures). Il doit garantir l'application du nombre de couches et des quantités de produit nécessaires au bon fonctionnement du revêtement ;
  • la mise en œuvre du revêtement : le support doit être suffisamment sec, avec des conditions atmosphériques favorables ;
  • la protection des « arrêts de revêtements » afin d'éviter les passages d'eau intempestifs à l'arrière du film (protection en tête…).

Bien entretenir le revêtement, notamment :

  • enlever les mousses ;
  • réparer les parties accidentellement détériorées ;
  • veiller au bon état des dispositifs de protection.

L'essentiel

  • Examiner la nature du support et estimer son évolution dans le temps.
  • Tenir compte de la siccité du support.
  • Bien dimensionner le film (couches, épaisseur).

A consulter

Revêtements d'imperméabilité

  • NF DTU 42.1 : - Réfection de façades en service par revêtements d'imperméabilité à base de polymères.
  • NF EN ISO 2409 : Peintures et vernis - Essais de quadrillage.

Revêtements décoratifs

  • DTU 59.1 : Travaux de peinture des bâtiments.
  • DTU 59.2 : Revêtements plastiques épais sur béton et enduits à base de liants hydrauliques.
  • FD T30-808 : Peinture et vernis pour le bâtiment - Guide relatif aux produits et systèmes de peinture pour façades.

 

Désordres des enduits monocouches

Constat

Les maçonneries extérieures sont très souvent recouvertes d'un enduit monocouche à base de liants hydrauliques. Ces enduits, qui relèvent du DTU 26.1, sont exécutés avec des mortiers performantiels prêts à l'emploi. Ils sont appliqués généralement en une ou deux passes « frais sur frais » avec le même mortier.

Leur fonction première est l'imperméabilisation ; ils ont accessoirement vocation
à parer les parois.

La plupart des dommages rencontrés sont liés à l'aspect et n'ont pas d'incidence sur la qualité et la durabilité de l'enduit. D'autres, par contre, affectent l'imperméabilité de la paroi.

Diagnostic

Les désordres affectant l'aspect

  • Le nuançage désigne des variations de couleur ou d'aspect de l'enduit. Il résulte de l'irrégularité de la préparation de l'enduit (dosage et malaxage) ou de l'application (reprises, épaisseur, uniformité du talochage…).
  • Les spectres peuvent être permanents ou visibles seulement lorsque l'enduit est mouillé. Ils résultent du différentiel existant dans la prise ou la vitesse de prise de l'enduit entre les joints des maçonneries et la surface courante. Ce phénomène, lié à la nature des joints (porosité, largeur, arasement…), est réduit par l'application de l'enduit en deux passes et le respect des épaisseurs.

Le faïençage

  • Le faïençage est particulièrement inesthétique :
    c'est une microfissuration en forme de résille qui affecte la surface de l'enduit.
    Les finitions talochées et talochées éponge sont particulièrement sensibles à ce désordre.
    Sauf composition particulière de quel­ques enduits monocouches sous Avis Techniques spécifiques à ces finitions, le DTU et les certificats réservent ces aspects talochés aux petites surfaces (bandeaux, entourage de baies…).
  • Les mousses et salissures sont dues au développement de micro-organismes sur des zones humides ou à des dépôts de salissures urbaines.

Les désordres affectant la durabilité

  • La fissuration est due au comportement du support (angles de baies, au droit des planchers, joints mal bourrés ou trop épais…) mais également au retrait de l'enduit lié aux conditions d'application (excès d'eau, humidification insuffisante du support, temps sec, venté, chaud, variations d'épaisseur…).
  • Fissuration d'enduitLes pénétrations d'eau par porosité sont rares en l'absence de fissures. Elles sont dues à des épaisseurs insuffisantes d'enduit.
  • Le décollement est consécutif à une mauvaise préparation du support (support farineux ou trop lisse, présence de poussières, humidification insuffisante, support gorgé d'eau, absence de couche d'accrochage…).
  • Le brûlage (ou grillage) est dû à une dessiccation prématurée de l'enduit par absorption d'eau par le support ou du fait des conditions atmosphériques (temps chaud, vent sec).
  • Le cisaillement du support se rencontre sur les supports à faibles caractéristiques mécaniques (béton cellulaire). Il est dû à l'application d'un enduit inadapté à ce type de support.

Les bonnes pratiques

Action du rayonnement solaire

Respecter les conditions de préparation du support
et d'application du produit

  • Attention aux enduits de couleur foncée, sensibles aux chocs thermiques.
  • Choisir un produit adapté au support.
  • Bien préparer le support.
  • Utiliser une couche d'accrochage (gobetis).

Respecter les conditions d'application

  • Respecter la quantité d'eau de gâchage.
  • Respecter le temps de malaxage.
  • Toujours gâcher le produit dans les mêmes conditions sur une même façade.
  • Respecter les épaisseurs recommandées par le fabricant (minimum 10 mm).
  • Protéger les têtes de murs et appuis d'ouvertures par un débord, muni d'une goutte d'eau.
  • Incorporer des renforts d'armatures dans l'enduit à la jonction de deux matériaux support différents et au niveau des planelles de planchers.
  • Privilégier l'application en deux passes.
  • Ne pas entreprendre les travaux d'enduits en période de gel, sur des supports chauds ou desséchés, par vent sec, et pour les enduits colorés de parement, par temps de pluie, brouillard ou forte humidité, afin d'éviter la formation d'efflorescences. On admet habituellement une température extérieure comprise entre + 5 °C et + 30 °C.
  • Protéger l'enduit par bâchage après application en cas de temps chaud, de vent sec ou de pluie.

L'essentiel

  • Choisir l'enduit adapté au support.
  • Respecter les conditions d'application (NF DTU 26.1).
  • N'entreprendre les travaux que dans les conditions climatiques appropriées.

A consulter

  • NF DTU 26.1 : Travaux d'enduits de mortiers.

Fiches détails

Attaque parasitaire (mérule) après rénovation de façade

Désordre

Postérieurement à des travaux de rénovation de façade en enduits à base de liants hydrauliques, les premiers signes d’infiltrations au sein du bâtiment sont apparus sur la boiserie en habillage d’allège d'un étage, lors de fortes pluies accompagnées de vents violents. La dépose de la boiserie a permis de constater une présence de mérule (champignon lignivore) affectant le solivage bois ancré dans la maçonnerie. (bois de consistance cassante se clivant suivant 3 plans rectangulaires comme du bois carbonisé) en diminuant irrémédiablement la résistance mécanique du bois.

Diagnostic

Les facteurs bien connus de prolifération de la mérule sont une humidité du bois de 30 % à 40 % (optimum 35 %) et une température de 5° à 26° (optimum à 21°C). La croissance est favorisée par une atmosphère confinée et par l’obscurité (ce qui est le cas pour l’arrière des boiseries et le plancher bois du présent appartement).

Les infiltrations sont la conséquence de défaut de calfeutrement de menuiserie, de fissuration de solin ciment et de joints de maçonnerie apparente (notamment des linteaux) de qualité très inégale et dont l'hydrofugation prévue dans le cadre des travaux de rénovation de façade n'est pas pérenne.

Préconisation

La rénovation d'enduit de façade nécessite un soin tout particulier dans l'appréciation du support. Il convient par exemple de vérifier l'étanchéité des joints apparents des maçonneries au voisinage direct des arrêts d'enduit. Le devoir de conseil du ravaleur peut s'étendre sur l'état des joints de calfeutrement des menuiseries existantes. Le ravaleur devait par ailleurs attirer l'attention du Maître d'Ouvrage sur la nécessité de renouveler régulièrement l'hydrofugation des entourages en pierres des baies confiée dans son marché d'origine.

Chute d'enduit

Désordre

Quelques années après l’achèvement de la construction des petits morceaux d’enduits sont tombés des pignons. Ils proviennent des rives de la couverture dont les tuiles de rive sont scellées.

Le maître d’ouvrage craint pour ses enfants, et d’éventuelles infiltrations futures.

Diagnostic

Les décollements d’enduit sont localisés au droit des extrémités des liteaux de la couverture. En effet ces liteaux sont trop longs. Ils ont été coupés à raz du nu extérieur de la maçonnerie et l’enduit se trouve directement à leur contact.

L’enduit n’a pas d’adhérence sur le bois et les variations dimensionnelles des liteaux en fonction de l’hygrométrie poussent contre l’enduit.

De plus, l’enduiseur a omis de noyer une armature dans l’enduit alors que cette zone de construction comporte des matériaux hétérogènes : maçonnerie d’éléments, gros béton d’arase, mortier de scellement des tuiles.

Préconisation

Les liteaux auraient dû être coupés un peu en retrait du nu de la maçonnerie. Et une armature aurait dû être incorporée dans l’enduit lors de sa mise en œuvre. Cette armature est imposée par la NF P 15-201-1 (DTU 26.1). Travaux d’enduits de mortier sur un support de matériaux hétérogène. Le risque de fissuration y est important chaque matériau faisant son propre retrait.

Bien entendu, si les règlements locaux l’autorisent l’emploi de tuiles à rabat permet de se prémunir très simplement contre ce type de désordre.

De la nécessité d'enduire une surface continue

Désordre

Infiltrations par les façades : dégradation des papiers peints et peintures intérieures.

Diagnostic

Le bas des façades et les angles verticaux ont été traités de sorte à dessiner des bandeaux en saillie par rapport au nu de la façade. Pour ce faire, bandeaux et surface courante ont été exécutés à des dates différentes. Cette pratique a eu pour résultat un manque de produit sur la ligne de jonction des deux surfaces d'où l'existence d'un interstice par lequel se produisent les infiltrations. Fait aggravant : l'eau s'accumule sur le champ supérieur de la surépaisseur en raison de l'absence de pente de celui-ci.

Préconisation

Appliquer l'enduit (au moins la première passe qui sert à imperméabiliser la paroi) en continu. Si une surépaisseur locale est souhaitée (pour création d'un motif décoratif par exemple), elle sera exécutée à l'aide d'une passe supplémentaire. Le champ supérieur de cette surépaisseur comportera une pente pour évacuer rapidement les eaux de ruissellement.

 

Décollement d'enduit monocouche décoratif

Désordre

L'enduit monocouche utilisé en fonction décorative finition grattée sur un support en béton banché de façade sonne creux et se décolle par plaques entières en rupture adhésive.

Diagnostic

Le désordre est consécutif à un défaut d'adhérence de l'enduit monocouche projeté sur un support lisse et non absorbant en béton.

 Il est dû à :

- un manque de préparation du support en béton poussiéreux favorisant un mauvais "collage",

- la réalisation d'un gobetis d'accrochage pelliculaire et discontinu, quasi inexistant,

- la mise en œuvre d'une couche d'enduit d'épaisseur totale importante de l'ordre de 15 mm entraînant un alourdissement de l'enduit par surabondance de matériau projeté.

Préconisation

Conformément à la fiche technique de l'enduit monocouche et du CPT d'emploi et de mise en œuvre des enduits monocouches d'imperméabilisation certifiés CSTB, il convenait de :

- réaliser un lavage à l'eau haute pression du support pour éliminer toute trace de pulvérulence ou de laitance en surface du béton,

- appliquer une première passe, un gobetis d'enduit avec adjonction de résine d'accrochage dans l'eau de gâchage sur une épaisseur de 5 mm,

- limiter à 10 mm l'épaisseur totale de l'enduit monocouche fini (pour les deux passes: la seconde passe de finition étant réalisée sur le gobetis d'accrochage raffermi).

Effritement d'un rejointoiement de mur en moellons

Désordre

Décollement et effritement d'un rejointoiement réalisé sur un mur ancien en moellons.

Diagnostic

Les murs anciens ne disposent pas de barrière étanche. Ils subissent des remontées capillaires, dont l’ampleur est liée aux conditions hydrogéologiques locales et à la constitution du mur (porosité et hétérogénéité des constituants). Le niveau de ces remontées capillaires atteint un équilibre fonction de l’exposition du mur et des possibilités d’évaporation. Des hauteurs voisines de 5m ont été enregistrées.

Ces remontées capillaires entraînent des sels (de nitrates et de chlorures notamment) qui se déposent sur le mur au cours de l’évaporation. Certains de ces sels sont hygroscopiques, c'est-à-dire qu'ils absorbent l'eau de l'atmosphère (maintenant un certain taux d’humidité dans le mur) et changent de volume en fonction de l’hygrométrie ambiante. Au-delà d'une certaine quantité, ces sels entraînent un phénomène osmotique d'attirance de l'eau, qui s'ajoute aux forces capillaires.

Ces sels sont extrêmement nocifs pour les enduits. Leur gonflement et leur agression chimique entraînent le cloquage et la désagrégation des enduits et rejointoiements.

Préconisation

Avant d’enduire ou rejointoyer un mur ancien, un diagnostic s'impose. En présence de sels, un traitement spécifique devra les « passiver ». Il est également préférable de réaliser une barrière étanche afin d’éviter que le phénomène ne se reproduise.

Enduit en Mortier Plâtre et Chaux, ou MPC, au droit d'héberges et de souches

Désordre

Alvéolisation et/ou ravinement d'enduit donnant lieu à des passages d'eau derrière les relevés des couvertures.

Diagnostic

Enduit inadapté à cet usage parce que contenant du plâtre et de ce fait trop exposé à la pluie et/ou non protégé des ruissellements.

Préconisation

Respecter :

- D'une part la norme NF P51-201, ( DTU 24.1) "travaux de fumisterie", concernant les travaux au droit des souches. Laquelle mentionne à l’article 2,36 "Enduits" : "Les enduits au plâtre sur les faces externes des conduits, ou parties de conduits situés à l’extérieur sont interdits."

- D'autre part la norme NF P 15-201-1, (DTU 26.1) "enduits aux mortiers de ciments, de chaux et de mélange plâtre et chaux aérienne", concernant les travaux d’enduits en mortier de plâtre et chaux, ou MPC, au droit des héberges. Laquelle prévoit à son chapitre 12 concernant les MPC, à l'alinéa 12,6 "protection des enduits" que ceux-ci doivent être protégés ; contre la pluie battante, contre le ruissellement et des rejaillissements en pied de mur.

Enduit hydraulique projeté dégradé

Désordre

Le bâtiment faisant l'objet du sinistre est un hangar en béton armé dans lequel sont stockés en vrac du chlorure de sodium et du sulfate de soude, formant des tas de 8 à 10 mètres de hauteur environ. L'ossature porteuse est formée de poteaux et poutres horizontales en béton; en façade, le remplissage est constitué de maçonneries de briques revêtues d'un enduit projeté monocouche ton crème à base ciment classique. Cet enduit présente des décollements, de nombreuses taches et par endroits une décohésion très sensible.

Diagnostic

Les analyses ont mis en évidence une présence anormale de chlorure de sodium et de sulfate, qui a été localement favorisée par la mauvaise qualité des joints de briques.

Préconisation

La présence des sels à l'intérieur du hangar n'a pas été prise en compte et il aurait été nécessaire de prévoir un ciment résistant aux chlorures et sulfates.

Enduit monocouche décollé sur support non adapté

Désordre

Des fissures apparaissent sur l’ensemble de l’enduit. Il se bombe par plaques éparses laissant un vide de 1cm contre le mur. Il menace de tomber.

Aucune infiltration ne se manifeste dans le sous-sol, mais il y a un risque potentiel pour les enfants qui passeraient au pied du mur.

Diagnostic

L’enduit monocouche a été mis en œuvre sur une maçonnerie d’agglos préalablement revêtu d’un enduit hydrofugé dans la masse. De ce fait, la laitance de l’enduit monocouche n’a pas pu pénétrer dans le support. Aucune cristallisation de ciment n’a pu assurer la jonction entre les 2enduits. Il n’y a pas d’adhérence.

Préconisation

L’enduit hydrofugé dans la masse étant réalisé il fallait appliquer ensuite une résine appropriée pour assurer l’adhérence de l’enduit monocouche à venir.

Mais il aurait été préférable de ne pas faire cet enduit hydrofugé, superflu ici, et de mettre en œuvre l’enduit monocouche directement sur la maçonnerie.

Enduit sur support peint

Désordre

La totalité de l’enduit monocouche s’est décollé du mur et est tombé. L’ancienne publicité peinte est à nouveau perceptible.

En raison de la présence de l’enduit initial aucune infiltration d’eau ne peut affecter la maison. Mais la chute de l’enduit aurait pu blesser des personnes ou endommager des biens.

Diagnostic

Manifestement l’ancienne peinture publicitaire n’a pas été décapée avec des moyens appropriées puisqu’elle réapparaît, bien qu’atténuée. Le décapage n’a été que superficiel et n’a pas éliminer les couches d’accrochage de la peinture. Le support n’a pas été mis à nu et le nouvel enduit n’a pu y pénétrer pour adhérer.

Préconisation

La norme NF P15-201-1-1 (DTU 26.1) Travaux d’enduits de mortiers impose de n’appliquer les enduits que sur des supports « propres, exempts d’efflorescences, de salpêtre, de plâtre, terre, peinture, produit de décoffrage ou tout produit pouvant nuire à l’adhérence de l’enduit ».

Ici un simple décapage chimique ou thermique du support était insuffisant. Pour éliminer la couche d’impression de la peinture, qui a pénétré dans le support, il aurait fallu procéder à un sablage du pignon avant de réaliser le nouvel enduit.

Compte tenu de cela il aurait été plus économique de réaliser un revêtement type peinture ou revêtement plastique épais qu’un enduit à base de liant hydraulique.

Enduits en plâtre

Désordre

- Fissuration enduit plâtre extérieur ;

- Pénétration d'eau en intérieur.

Diagnostic

Enduit extérieur réalisé UNIQUEMENT en plâtre gros.

Préconisation

Réaliser un mélange mortier plâtre chaux aérienne comme indiqué à l'article 12.3 du DTU 26.1, soit :

 - pour 2,5 volumes d'eau

 1 volume de chaux aérienne CAEB conforme à Norme NF P 15.510

 2 volumes de sable de rivière conforme à Norme NF P 18.301

 3 volume de plâtre gros conforme à Norme NF B 12.301

 

 - pour 25 litres d'eau

 40 kg de plâtre gros

 6 kg de chaux aérienne

 30 kg de sable sec

Fissuration d'enduit monocouche

Désordre

L'enduit monocouche est fissuré en continu le long de la maison existante. Sur le mur soutenant l'escalier et assurant la fermeture d'un petit local, un réseau de fissures plus ou moins verticales a fragilisé l'enduit qui menace de tomber.

Diagnostic

La nouvelle terrasse sur poteaux a été construite en 1999 en extension de la maison 1930 en respectant une désolidarisation complète des structures.

Malheureusement, l'enduit monocouche a été appliqué en continuité aussi bien sur la partie neuve que sur l'ancienne.

Préconisation

Poursuivre la désolidarisation des structures dans l'enduit avec des profilés formant joint et couvre joints.

Fissuration et chute d'enduit

Désordre

Un enduit hydraulique monocouche a été appliqué en 2 passes sur un sous enduit existant à base de ciment gris.

On observe une fissuration pluri directionnelle, et, par endroits, le décollement et la chute de l’enduit final.

Aucune infiltration ne se manifeste mais la sécurité des personnes est menacée. L’eau s’infiltrant dans l'interface des 2 enduits les désordres vont inéluctablement s’étendre.

Diagnostic

La fissuration est symptomatique d’un retrait trop important de l’enduit. Ce retrait a 2 causes :

Un dosage excessif d’eau lors de la confection de l’enduit.

Une épaisseur d’enduit (22mm) trop importante.

Préconisation

Il fallait respecter la norme NF P 15-20161 (DTU 26.1) Travaux d’enduits de mortiers et les préconisations du fabricant de l’enduit.

La bonne tenue de l‘enduit nécessite un dosage modéré en eau.

Et l’épaisseur moyenne de l’enduit doit être de 12 à 15mm seulement.

Fissuration horizontale d'enduit

Désordre

Très rapidement après la réception des travaux une fissuration horizontale est apparue au niveau du plancher de l’étage, en façade avant et en pignon.

Pour le moment aucune infiltration d’eau ne se manifeste mais le risque est réel, à terme.

Diagnostic

Les rives de plancher sont le siège de contraintes diverses par retraits différentiels des matériaux (briques/béton) et par flexion des planchers entraînant leur rotation sur appuis.

Ce sont des zones sensibles qui nécessitent une attention toute particulière. Ici les investigations ont révélé une épaisseur d’enduit à peine suffisante et surtout une absence d’armature dans l’enduit.

Préconisation

La NF P 10-202-1 (DTU 20.1) Parois et murs en maçonnerie de petits éléments, prescrit, soit de marquer le chaînage par des joints horizontaux calfeutrés avec un mastic d’étanchéité, soit d’incorporer une armature (grillage ou treillis de fibres de verre) dans l’enduit. Cette armature monte 15cm au-dessus du chaînage et descend 15cm en dessous du rang de maçonnerie inférieure. Elle a donc une largeur d’environ 100cm.

La NF P15-201-1 (DTU26.1) Travaux d’enduits de mortiers, confirme cette prescription. Elle précise que l’épaisseur moyenne d’un enduit monocouche est de 12 à 15mm sur une maçonnerie soignée.

Gonflement de mortier plâtre et chaux (MPC)

Désordre

Augmentation de volume de l'enduit M P C, sous forme de feuilletage, avec risque de chute de morceaux.

Les parties de l'enduit les plus exposées à l'humidité présentent les désordres les plus importants.

Diagnostic

Le gonflement est dû à la réaction, en présence d'eau, de composants de la chaux hydraulique (*) avec ceux du plâtre.

Il a en effet été utilisé ici de la chaux hydraulique (*) au lieu de chaux aérienne (*).

Cette réaction donne lieu à la formation de sels expansifs dits THAUMASITE et elle se poursuit jusqu'à la désagrégation complète de l'enduit.

Par rapport à celle-ci, la réaction, en présence d'eau, entre composants de ciment et de plâtre, qui donne lieu à des sels expansifs dits ETTRINGITE:

- présente des cristaux d'aspect différent,

- s'arrête lorsque certains composants nécessaires à cette réaction sont épuisés.

Préconisation

Il aurait fallu utiliser de la chaux aérienne (*) au lieu de chaux hydraulique (*).

Le document technique qui définit ce type d'ouvrage est le DTU 26.1 " enduits aux mortiers de ciments, de chaux et de mélange plâtre et chaux aérienne ", de mai 1990. Lequel préconise, cf. le chapitre 12, en mélange avec du plâtre uniquement de la chaux aérienne éteinte pour le bâtiment CAEB conforme à la norme NF P 15-510.

 ( * ) La chaux aérienne est une chaux qui durcit par fixation du gaz carbonique de l'air. Elle correspond à l'ancienne appellation CAEB, ou chaux aérienne éteinte pour le bâtiment, puis à partir de la publication de la norme homologuée NF P 15-311, de janvier 1996, aux appellations de chaux calcique (CL) et chaux dolomitique (DL).

 ( * ) La chaux hydraulique est une chaux qui durcit par hydratation plus pour certaines par fixation du gaz carbonique. Elle correspond aux anciennes appellations de chaux hydrauliques artificielles (XHA) et chaux hydrauliques naturelles (XHN) puis à partir de la publication de la norme homologuée NF P 15-311, de janvier 1996, aux appellations de chaux hydraulique (HL) et de chaux hydraulique naturelle (NHL)

Reprise d'enduits plâtres en façades

Désordre

Il s'agit d'un immeuble dont les façades sur cour sont à pan de bois enduits au plâtre .Lors du ravalement des façade de l'immeuble côté cour, les parties d'enduit plâtre dégradées ont été purgées et refaites. L'ensemble a été ravalé avec un revêtement du type I2.

Diagnostic

Nous observons des fissures importantes au droit des reprises d'enduit au plâtre, des décollements et des chutes partielles. Ces reprises ont été faites en très forte épaisseur avec un plâtre sensible à l'humidité qui a gonflé et s'est fissuré.

Préconisation

Les dégradations étant partielles et localisées il n'était pas nécessaire de reprendre l'ensemble des façades. Par contre il était nécessaire de respecter le DTU 26.1 et les règles professionnelles "Façades plâtre" de juin 1997 et en particulier la composition du mortier de plâtre tant en poids qu'en volume avec utilisation de sable sec, de plâtre gros, de chaux aérienne et d'eau.

Ce mortier ainsi préparé a une bonne tenue aux intempéries.

Il était nécessaire enfin de réaliser sur l'ensemble un revêtement d'imperméabilité de façade de classe I3 ou I4.

 

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